La République de la compromission ou des petits intérêts de comptoir

 La République de la compromission ou des petits intérêts de comptoir ?

Il est devenu trop facile, en France, de se draper dans les valeurs républicaines comme on enfile un costume deux pièces, mal coupé de chez Celio.

Égalité, dignité, État de droit, déontologie. Des mots doux, des principes répétés, des chartes et des discours pompeux à réciter sur l’estrade du bal des hypocrites.

On les affiche, on les proclame, on s’en félicite. Puis vient l’instant redouté, ce moment de vérité où les principes entrent en collision frontale avec les intérêts primaires et les petits calculs opportunistes.

Partenariats, financements, stages, carrières, entrée dans des réseaux. Et là, soudain, d’un coup d’un seul, les grandes déclarations se tassent.

Les rebelles sans cause singent la loi des trois singes, et la défense des droits humains passera après l’achat du super sac Michael Kors ou Louis Vuitton réputé cousu main.

La République ne connaît que trop bien cette lâcheté impeccable, jambe croisée, sous lumière douce et feutrée. 

Or, elle n’a jamais été conçue pour être confortable. Elle existe précisément pour protéger la dignité humaine quand cela dérange les puissants, quand cela coûte cher, quand cela expose.

Hélas, beaucoup de corporations n’ont de Républicaines que leurs façades, impeccables dans les brochures, mais hélas ça finit quand même par monter à l’arrière de la BM ; et oui, ce n’est pas le voisin qui juge, qui donnera à bouffer aux gamins !

La morale est décorative, mais compatible avec toutes les formes de compromissions. Quant à cette déontologie, elle tient ! Enfin, tant qu’elle ne gêne ni carrière, ni financement, ni projets, ni personne.

Néanmoins, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines continuera, dans les jours et les semaines à venir, à mettre ce mécanisme malaisant en lumière.

Non pas par des slogans, mais par des faits, par les réactions, les silences, les contorsions et les décisions des organisations et des conseils d’administration, confrontés à des dossiers cruels

Comme le dossier August Debouzy qui engagent la dignité humaine face à des puissances financières.

Car il est facile de se dire républicain quand cela ne coûte rien. Il est beaucoup plus rare et beaucoup plus instructif de l’être quand cela menace des petits intérêts de comptoir, des partenariats ou des équilibres aussi méprisables que confortables.

C’est là que la République cesse d’être un discours et devient une épreuve. Et c’est toujours dans l’épreuve que l’on observe ce que valent réellement les belles paroles, aussi dégoulinantes soient-elles.


Constance Bourgeois 

Rédactrice en chef de La ligue de Défense des Valeurs Républicaines

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