Haine ordinaire, indignité publique : quand le racisme s’abat sur un nouveau-né

Haine ordinaire, indignité publique : quand le racisme s’abat sur un nouveau-né


Il avait quelques heures de vie. Quelques heures seulement. Et pourtant, cela a suffi pour que la haine s’abatte sur lui. Zaïd, premier bébé né en 2026 à Avignon, a été la cible d’une vague de messages racistes d’une violence sidérante sur les réseaux sociaux. 

Une déferlante d’insultes, de projections haineuses et d’assignations criminelles, dirigées non pas contre un adulte, non pas contre une figure publique, mais contre un nouveau-né, nous ont fait savoir les ligues de défense des valeurs républicaines d'Occitanie et du Sud Côte d'Azur.

Les mots employés donnent le vertige. Assimilation au terrorisme. Criminalité supposée. Déshumanisation brute. En quelques commentaires, certains internautes ont cru pouvoir résumer l’existence à venir d’un enfant à une caricature raciale ignoble. 

Comme si un prénom suffisait à condamner une vie. Face à cette indignité, les parents ont porté plainte pour diffamation publique en raison de l’origine. Une démarche aussi légitime que nécessaire. 

Car ce qui s’est joué ici dépasse largement l’anecdote ou le fait divers. Ce dossier met à nu la banalisation du racisme le plus violent, décomplexé, y compris lorsqu’il vise les plus vulnérables.

Que dit une société qui tolère que l’on traite un nourrisson de « futur délinquant » ou de « terroriste » ? Que dit-elle de ses repères moraux, de son sens de la limite, de son humanité la plus élémentaire ?

L’affaire, révélée par la presse locale et confirmée par Radio France, a suscité une vague d’indignation. Le député Raphaël Arnault a dénoncé des « attaques racistes absolument ignobles ». Le terme est faible. 

Car il ne s’agit pas seulement d’attaques : il s’agit d’un symptôme, celui d’un espace numérique où certains se sentent tout permis, protégés par l’anonymat et l’illusion de l’impunité.

Juridiquement, l’injure et la diffamation à caractère racial constituent des délits pénaux. Moralement, ils sont accablants. Socialement, ils sont alarmants. Pour l'image du pays des lumières c'est carrément flippant ! 

Jusqu’où laissera-t-on la haine aller ?

En s’attaquant à un bébé, c’est un seuil qui a été franchi. Un seuil qui devrait provoquer une réaction ferme, exemplaire, sans ambiguïté. La justice est désormais saisie. Elle devra dire le droit. 

Mais au-delà des tribunaux, c’est à la société toute entière de regarder cette affaire en face. Car si un enfant, à peine né, peut devenir la cible d’un racisme aussi déchaîné, alors ce n’est pas seulement Zaïd qui est visé. C’est l’idée même d’humanité commune qui vacille.

Ce dossier ne doit pas être oublié. Il doit, au contraire, marquer un point d’arrêt. Un rappel brutal que la liberté d’expression n’a jamais été la liberté de haïr et encore moins celle d’écraser un enfant sous le poids de préjugés immondes. C'est aussi cela le respect des valeurs républicaines 

Constance Bourgeois 

Rédactrice en chef de La ligue de Défense des Valeurs Républicaines 


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Mahasti Razavi, la patronne de l'ancien premier ministre Bernard Cazeneuve accusée de cruauté

Quand la LDVR faisait face au refus de son inscription à la MVAC Paris 8