À Toulon, Le procureur fait du droit ou de la politique ?
À Toulon, Le procureur fait du droit ou de la politique ?
Le Procureur de Toulon a encore frappé ! En effet, son idée psychédélique d’informer l’employeur des consommateurs de drogue exerçant une mission publique n’est pas une simple dérive pénale. C’est un acte politique !
Un acte politique d’une gravité extrême, qui engage la justice dans un rôle qui n’est pas le sien.
Quand un procureur explique qu’il veut « culpabiliser le délinquant », qu’il veut produire de la honte, qu’il veut exposer socialement des individus avant même toute condamnation, il ne parle plus en magistrat. Il parle en moraliste autoritaire.
Il ne fait plus du droit, ce n'est pas vrai ! Il fabrique un ordre moral.
Et c’est précisément là que commence la rupture républicaine.
La justice, dans l’architecture française, n’est pas un pouvoir chargé de corriger les mœurs.
Un procureur aussi respectable soit-il n'a pas à éduquer les consciences à produire de la peur sociale. Il est chargé d’appliquer la loi, rien de plus.
Quand un Procureur tend à vouloir gouverner les comportements par la honte, il sort de son rôle et entre dans celui, infiniment dangereux, de bras idéologique de l’État.
Imaginez ! Un procureur propose une politique de signalement, de désignation, de stigmatisation. Une loi qui expose socialement. L'ironie de cette malheureuse histoire, c'est que ce Procureur démontre par son fait exactement ce qu’on reproche déjà depuis des années au corps judiciaire... faire de la politique.
Et dans quel sens politique ? Le sens le plus rentable pour l’extrême droite française. Car de quoi parle-t-on exactement ? De dénonciation institutionnalisée. Confusion entre faute privée et identité publique Stigmatisation sociale comme outil d’ordre. Substitution de la honte à la loi. Présomption de culpabilité comme mode de gouvernement.
C’est l’ADN idéologique de l'extrême droite. Pas par hasard. Pas par accident. Mais pas structure Évidemment !
Quand la justice commence à parler comme un discours de meeting sécuritaire, quand elle adopte les codes moraux de la répression symbolique, quand elle transforme des citoyens en exemples à humilier, elle rend un service politique direct à ceux qui rêvent d’une société de surveillance, de fichage et de discipline.
Et qu’on ne nous parle pas de « lutte contre la drogue ». C’est un alibi. Le cœur réel de la mesure est ailleurs. Un magistrat qui assume publiquement une logique de honte, de culpabilisation, de signalement, trahit l’esprit même de la séparation des pouvoirs dans un État de droit.
Car dans une République digne de ce nom, la justice n’humilie pas, ne moralise pas, ne gouverne pas, la justice ne fait pas de politique. Elle instruit à charge et à décharge et elle juge. Point.
Quand elle commence à vouloir transformer la société, corriger les comportements, fabriquer de la peur, elle ne protège plus la démocratie, elle devient un acteur. Un acteur politique. Un acteur dangereux.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La ligue de Défense des Valeurs Républicaines

Commentaires
Enregistrer un commentaire