Avocats vs Défenseurs des droits ? Une comparaison un peu honteuse…
Avocats vs Défenseurs des droits ? Une comparaison un peu honteuse…
En République française, une imposture devenue banale consiste à faire passer la protection des puissants pour une forme de protection de l’État de droit, illustrée par des cabinets d’avocats grassement payés pour nettoyer les traces crasses de l’injustice. La République n’a pas été fondée pour protéger la réputation des dominants. Elle a été fondée pour protéger les citoyens contre eux.
La grande trahison !
Les défenseurs associatifs des droits sont l’un des derniers organes vivants de la République. Ils ne parlent pas parce qu’ils sont gracieusement payés. Ils parlent parce que quelqu’un est écrasé, humilié, nié dans sa dignité.
Ils n’ont ni budgets de communication ni armées de juristes. Ils ont la vérité nue, et c’est précisément ce qui les rend dangereux. Face à eux, que voit-on trop souvent ?
Des cabinets prestigieux, bardés de labels éthiques, de discours ESG, de colloques sur les droits humains, qui, dans les faits, travaillent à réduire au silence ceux qui révèlent ce que le système produit de plus sale.
Ce n’est pas de la justice. C’est de la gestion de scandale.
Quand le droit devient une arme contre la République. Utiliser le droit pour faire taire ceux qui défendent la dignité humaine, c’est une perversion grave de l’État de droit. C’est transformer la loi, non plus en bouclier du faible, mais en massue du fort.
Quand un cabinet attaque une association pour diffamation, harcèlement ou atteinte à la réputation, alors que celle-ci documente des faits d’abus, il ne défend pas la justice, il sabote la fonction républicaine de la parole.
La République repose sur un principe simple : la vérité des faits prime sur le confort des puissants. Tout le reste n'est que pure trahison !
On voit des cabinets organiser des conférences sur les droits humains le matin, et envoyer des mises en demeure contre des associations l’après-midi.
On voit des avocats expliquer la dignité dans des salons feutrés, tout en tentant d’écraser ceux qui, sur le terrain, la défendent réellement. Ce n’est pas de la contradiction. C’est du cynisme institutionnalisé. La République n’est pas un service premium. La justice n’est pas un produit de luxe réservé à ceux qui peuvent se payer des armées d’avocats.
La dignité n’est pas négociable.
Les associations de défense des droits sont aujourd’hui les gardiens non officiels de l’esprit républicain.Elles dérangent parce qu’elles rappellent que la loi n’a de sens que lorsqu’elle protège les plus vulnérables.
Ceux qui tentent de les faire taire ne défendent pas la République. Ils la vident de son âme. Une République qui protège les puissants contre ceux qui disent la vérité n’est plus une République. C’est un État bananier !
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines.

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