Zemmour ou la perversion raciste de certains médias français

Il faut cesser de faire semblant. Au moins une fois. Juste une seule fois. Si Éric Zemmour est omniprésent dans l’espace public français, comme sur BFM TV ou LCI, ce n’est pas parce qu’il serait inévitable. Encore moins parce qu’il représenterait une demande abstraite de “débat”.

Si Éric Zemmour, plusieurs fois condamnés pour incitation à la haine raciale et autres forfaits racistes, est invité en grand prince sur les médias français, ce n'est pas par hasard. Non, c'est parce que les médias français le souhaitent, le désirent et même l'espèrent.

Cette personnalité devenue célèbre par sa parole haineuse et xénophobe est invitée dans les médias par choix politique, autant que par besoin idéologique. Qui en doute encore ?

Ce représentant du racisme à la française n’a jamais forcé la moindre porte pour entrer sur les plateaux de CNews ou France Info. Il n'a soudoyé aucun vigile et n'a menacé personne pour être promu, mis en scène, recyclé, rediffusé, éditorialisé.

D'ailleurs, n'est-il pas un produit xénophobo-médiatique avant d’être un phénomène politique ? Catherine Barma et Laurent Ruquier, les géniteurs TV de ce multicondamné, n'ont-ils pas eux-mêmes conscience de cette caricature qu'ils ont engendrée au mépris de toute responsabilité républicaine ?

Les médias français répètent à l'envie qu’ils invitent Zemmour “pour confronter les points de vue”. Mais ne vous y trompez pas. Vous savez que c’est faux. On ne confronte pas un discours raciste, on le dénonce au parquet !

Lorsque l'on offre une tribune permanente à une personne condamnée pour incitation à la haine raciale et que l'on prétend à un débat d'idées, comment ne pas déceler la perversion raciste de certains médias français ?

Zemmour n’est pas un contradicteur, il est là pour produire de la tension rentable. Le racisme décomplexé comme stratégie éditoriale. D'autant que la France en redemande...

Selon le dernier baromètre concernant les personnalités préférées des Français, Marine Le Pen et Jordan Bardella, deux grandes figures de l'extrême droite française, ne sont-ils pas les grands gagnants ?

Les médias savent parfaitement ce qu’ils font. L'expression raciste, aujourd’hui, est un levier d’audience. Pas un accident, pas un hasard, pas une surprise. Un levier !

Et puis, soyons lucides ! Zemmour permet de mettre en circulation un discours de stigmatisation sans jamais assumer qu’il s’agit de racisme. Tout est maquillé en “laïcité”, en “sécurité”, en “lutte contre l'immigration”.

Les médias français concernés ne diffusent pas un discours raciste brut. Ils diffusent un racisme reconditionné, une xénophobie premium, intellectuellement emballée. Prête à manipuler les cerveaux frustrés déjà parfaitement conditionnés.

Inviter Zemmour, ce n’est pas informer. C’est organiser la visibilité du ressentiment, hiérarchiser les voix, marginaliser les chercheurs, invisibiliser les travailleurs sociaux, ignorer ou caricaturer les victimes de discriminations.

D'autant que vous savez parfaitement qu'en France, les médias ne donnent pas la parole à “tout le monde”. Ils sélectionnent. Ils montent. Ils scénarisent. Ils produisent la réalité qu’ils prétendent observer.

Le vrai scandale, ce n’est pas que Zemmour parle, mais que des rédactions entières décident que la parole d'une personne multicondamnée pour des forfaits racistes mérite d’être significative.

Par conséquent, ce n'est donc pas un problème de liberté d'expression, mais un choix éditorial répété, assumé, systémique. Zemmour n’est pas un symptôme de la société. 

Il est un symptôme du système médiatique français, qui préfère l'idéologie frôlant “la suprématie de la culture chrétienne française” à la connaissance encyclopédique, scientifique, sociologique, qui permettrait à chaque Français de vivre les valeurs républicaines dans le respect de l'intégrité de chacun.


Constance Bourgeois

Rédactrice en chef de La ligue de Défense des Valeurs Républicaines 


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