Paris : un arrêté préfectoral accusé d’humilier et de discriminer le fief de la communauté noire de la capitale française.

 Paris : un arrêté préfectoral accusé d’humilier et de discriminer le fief de la communauté noire de la capitale française.



Une nouvelle offensive judiciaire vise la Préfecture de police de Paris.

Dans un recours particulièrement sévère déposé devant le Tribunal administratif, le premier réseau national d'associations de défense des droits en France "La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines" et son président fédéral en son nom propre, dénoncent un arrêté de fermeture anticipée des commerces du secteur Château d’Eau Strasbourg Saint-Denis, porte saint Martin présenté comme une mesure injuste, économiquement destructrice et à forte portée discriminatoire, ressentie comme raciste.

Histoire du racisme en France...

Le secteur Château d’Eau est reconnu depuis des années comme le cœur du commerce afro à Paris : salons de coiffure spécialisés, produits cosmétiques, services communautaires, alimentation ciblée.

Or ce sont précisément ces activités qui se retrouvent frappées par des fermetures imposées dès 20 heures, tandis que bars, restaurants et débits de boissons continueraient à fonctionner tard dans la nuit à quelques mètres de là.


Pour le réseau LDVR, le message envoyé est limpide : certains commerces seraient tolérés, d’autres seraient considérés comme indésirables.


Une mesure vécue comme vexatoire et stigmatisante selon la requête en référé suspension déposée le 22.04.2026 qui emploie des termes rares dans ce type de contentieux administratif : humiliation, discrimination, vexation institutionnelle.

Les auteurs affirment que commerçants, clients et habitants vivent ces restrictions comme une mise à l’écart ciblée d’un tissu économique associé à une population noire et non blanche.

Autrement dit : sous couvert d’ordre public, ce serait toujours les mêmes qui paient le prix politique de décisions administratives répétées.


Des commerces fragilisés, des emplois menacés

Le siège fédéral de la LDVR décrit une réalité économique brutale : marges faibles, concurrence intense, activité concentrée en soirée, dépendance à des horaires étendus.

Fermer à 20 heures reviendrait, selon lui, à priver ces commerces de leurs heures les plus rentables. Plusieurs fermetures définitives et suppressions d’emplois sont évoquées dans la requête.


La Préfecture face à une accusation apolitique mais vitale pour un État de droit 

Le dossier pose une question lourde pour les pouvoirs publics : peut-on imposer des restrictions répétées sur un quartier identifié, sans finir par créer un sentiment d’injustice ethnique et sociale ?

Pour La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines, la réponse est déjà claire : derrière un simple arrêté d’horaires se cacherait une politique de relégation silencieuse.


Une affaire qui dépasse le tribunal

Le juge administratif dira le droit. Mais dans les rues du quartier de Château d’Eau situé dans le 10e arrondissement de Paris, beaucoup y voient déjà autre chose : le symbole d’une République qui discrimine les citoyens selon leurs couleurs de peau.

Au-delà du contentieux local, la LDVR replace l’affaire dans un cadre plus vaste : celui de l’histoire du racisme en France, des discriminations structurelles et des politiques publiques perçues comme frappant toujours les mêmes populations. 

Le réseau de 8 associations fédérées sur le tout le territoire national persiste en rappelant dans sa requête en référé suspension q'un signalement relatif à cette mesure a été porté auprès du rapporteur spécial contre le racisme du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des nations unies, donnant au dossier une résonance internationale. 

Le réseau national d'associations de défense des droits, souligne également qu’une procédure visant Bruno Retailleau devant la Cour européenne des droits de l'homme pour incitation à la haine en raison de son origine.

L'ex ministre de l'intérieur, ayant étant l’autorité de tutelle politique de l’administration concernée lors de la mise en place initiale de l’arrêté en 2024. La requête en référé fait volontairement le lien. 

Enfin, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines met en avant sa précédente victoire contre CNews, sanctionnée par l'ARCOM. La LDVR entend prouver que les institutions savent reconnaître et corriger certaines dérives lorsqu’elles sont juridiquement contestées et qu'elles n'impliquent pas les velléités idéologiques à desseins présidentiels. 


Constance Bourgeois, Rédactrice en chef de La LDVR 

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