Les blancs entre eux, une république confisquée ?
À écouter certains responsables, tout va bien. Personne ne discriminerait personne. Personne n'exclurait personne. Personne ne fermerait aucune porte à personne. Non il n'y a pas de ça chez nous ! Chez les autres, peut-être...
Et pourtant, lorsque l'on regarde les résultats, les mêmes profils apparaissent encore et encore. Les mêmes visages. Les mêmes réseaux. Les mêmes parcours. Les mêmes cercles. Et quelque part les mêmes blancs, les mêmes équipes 100% blanches d'une direction entièrement et uniquement blanche.
Tout beau, tout blanc oui, les personnes blanches sont élégantes, instruites, pleines d'humour et d'empathie, elles sont diverses et variées et méritent chacun d'entre eux un petit bisou de ma part. Comme chaque citoyen de l'humanité du reste.
Par conséquent, le problème n'est pas les personnes blanches en tant que telles. Mais leur hégémonie qui découle de politiques suprémacistes non dites et peut-être parfois non conscientisées.
Dans un pays où vivent des millions de Français aux origines diverses, comment expliquer que certains lieux de pouvoir, certaines directions, certaines institutions et certaines organisations continuent d'afficher une homogénéité presque parfaite ?
Le hasard ? L'accident ? La coïncidence ? La paranoïa victimaire des noirs ? Un mensonge venu de l'islam ? Un fantasme absurde ? Combien de temps et de prétexte faudra-t-il pour faire semblant d'y croire ?
Lorsque la diversité existe partout dans la société mais disparaît mystérieusement à mesure que l'on s'approche du pouvoir, des puissances, des médias du groupe "ici" de Radio France ou France Télévisions, ce n'est plus un hasard. C'est un système.
Le véritable scandale n'est pas seulement l'exclusion. Le véritable scandale est l'habitude. L'habitude de voir les mêmes profils partout. L'habitude de considérer comme normale l'absence des autres. L'habitude de demander toujours plus de preuves à ceux qui dénoncent les déséquilibres, tout en refusant obstinément de regarder les résultats.
Car les résultats sont là. Ils sont visibles. Ils sont publics. Ils sont assumés. Et lorsqu'un système produit inlassablement les mêmes résultats, il révèle sa nature. L'égalité ne se mesure pas aux discours mais aux places occupées. Aux responsabilités exercées. Elle se mesure à ceux qui sont présents. Et surtout à ceux qui sont absents.
Une République qui tolère que certains groupes soient constamment sous-représentés dans ses centres de décision prend le risque de transformer l'égalité en slogan. Regarder les résultats n'est pas une obsession. C'est une obligation. Car lorsque les mêmes profils monopolisent durablement les mêmes positions, la question n'est plus : « Y a-t-il un problème ? » La question devient : « Combien de temps encore allons-nous prétendre ne pas le voir ? »
Constance Bourgeois, Rédactrice en chef de La LDVR

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