Quand le barreau de Paris se planque : C'est le corporatisme habituel qui reprend la main.
Quand le barreau de Paris se planque : C'est le corporatisme habituel qui reprend la main.
Dans un dossier pourtant étayé par un rapport administratif qualifiant un logement de « impropre à l’habitation » et « dangereux pour l’occupant », le barreau de Paris a choisi de ne pas examiner le cœur du problème.
En effet la grande patronne multimillionnaire du cabinet d'avocats August Debouzy a mis en location pendant 7 ans un logement insalubre de 7 mètres carrés, dangereux pour l'occupant et impropre à l'habitation, à une personne en situation de vulnérabilité.
Le barreau de Paris alerté par saisine du réseau LDVR s'est encore caractérisé par une rigidité déconcertante. Outre son antipathie glaçante pour la victime, sa réponse, datée du 5 mai 2026, ne nie pas les faits matériels. Elle les contourne.
Une stratégie : déplacer le débat, plutôt que de répondre à la question essentielle, celle de la compatibilité entre la mise en location d’un logement reconnu insalubre et les obligations déontologiques d’un avocat, le barreau a opéré un glissement méthodique.
Le dossier dont la patronne multimillionnaire du cabinet d'avocats August Debouzy fait l'objet, est requalifié en simple « litige personnel », renvoyé aux juridictions civiles, comme si cette qualification suffisait à écarter toute réflexion déontologique.
Ce choix n’est pas neutre.
Il revient à affirmer qu’un avocat, dès lors qu’il agit en dehors de son activité professionnelle stricte, pourrait s’affranchir de toute exigence liée à la dignité, à l’exemplarité ou à l’image de la profession.
Un silence qui vaut position
Le point le plus frappant ne réside pas dans ce qui est écrit, mais dans ce qui ne l’est pas. À aucun moment, le barreau ne répond à la question pourtant posée de manière claire : un avocat peut-il louer un logement reconnu comme insalubre et dangereux, sans que cela ne soulève la moindre interrogation déontologique ? Ce silence est en lui-même une réponse.
Le choix de l’angle mort
En écartant le rapport de l’Agence régionale de santé comme élément déterminant, au motif qu’il relèverait d’un débat contradictoire devant les juridictions, le barreau se prive volontairement de toute appréciation sur la nature même des faits.
Or, la déontologie n’a pas pour vocation d’attendre une condamnation judiciaire pour exister. Même s'il s'agit là de la grande patronne du très influent cabinet d'avocats August Debouzy.
Elle suppose précisément d’interroger les comportements, y compris lorsqu’ils interviennent dans la sphère privée, dès lors qu’ils entrent en contradiction avec les principes fondamentaux de la profession.
Une lecture minimaliste de la déontologie
La position adoptée révèle une conception restrictive de la déontologie : limitée à l’exercice strict de la profession indifférente aux comportements privés et déconnectée des réalités humaines des situations examinées
Cette approche pose question. Car elle revient, en pratique, à créer une zone d’irresponsabilité dès lors que les faits ne s’inscrivent pas directement dans une mission d’avocat.
Une responsabilité institutionnelle engagée
Le rôle d’un ordre professionnel n’est pas seulement de sanctionner, mais d’incarner une exigence. En refusant d’examiner le fond du dossier, le barreau ne se contente pas de classer une réclamation. Il envoie un signal.
Celui d’une institution qui, confrontée à une situation potentiellement contraire aux principes qu’elle est censée défendre, choisit de s’en tenir à une lecture formelle de sa compétence.
Un dossier qui dépasse le cas individuel
Au-delà de la grande patronne multimillionnaire du très influent cabinet d'avocats parisien August Debouzy, c’est la cohérence du système qui est interrogée. Car si certains comportements, lorsqu’ils sont établis, ne suscitent aucune réflexion déontologique dès lors qu’ils sont qualifiés de « personnels », alors se pose une question plus large : où commence et où s’arrête réellement la responsabilité d’un avocat ?
Conclusion
Ce dossier n’est pas clos. Il ne l’est pas juridiquement, puisqu’il suit désormais son cours sur le terrain pénal. Il ne l’est pas non plus sur le plan institutionnel. Car une question demeure, entière, non traitée :
une profession fondée sur la défense du droit peut-elle rester silencieuse face à des situations qui interrogent directement la dignité humaine ?
Le président fédéral du premier réseau national d'associations de défense des droits en France met en cause le corporatisme habituel du barreau de Paris, qui fait déjà l'objet de plusieurs dossiers ouverts à la LDVR, sur les manquements et les diverses pratiques inquiétantes du barreau de Paris.
Constance Bourgeois, Rédactrice en chef du réseau national LDVR



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