Quand August Debouzy découvre l'étendue de la LDVR

Quand August Debouzy découvre l'étendue de la LDVR


Le 11 juin dernier, devant leur écran de télévision, certains observateurs, dont Mahasti Razavi, la patronne multimillionnaire du tout-puissant cabinet d'avocats parisien August Debouzy, ont peut-être vécu un moment de surprise.


Au cœur d'un sujet diffusé dans l'émission Complément d'enquête sur France 2 apparaît Maître Khadija Aoudia, ancienne bâtonnière du barreau de Nîmes. Spécialiste en droit pénal.


L'avocate y intervient dans le cadre de la procédure visant le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau devant la Cour de justice de la République et de la Cour européenne des droits de l'homme, 


 Une affaire aussi médiatique que sensible désormais suivie bien au-delà des cercles juridiques habituels.

Mais derrière l'avocate, un autre nom apparaît : celui du réseau national d'associations de défense des droits, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines.


Pour le grand public, cette mention peut sembler anodine. Pour ceux qui ont déjà été confrontés à la LDVR dans le cadre de procédures judiciaires, la portée est tout autre.


Car ce qui apparaît alors à l'écran n'est pas une association isolée, ni une structure de circonstance. C'est un réseau national revendiquant onze associations fédérées, implantées dans plusieurs des principales villes françaises.


Le premier réseau national d'associations de défense des droits en France intervient depuis plusieurs années dans des dossiers relatifs aux discriminations, aux libertés publiques et à la défense des droits.


À cet instant, le regard porté sur l'organisation peut changer.

Imaginez le cabinet August Debouzy dans sa suffisance ridicule, voir l'affaire de sa patronne Razavi remonter à la surface. 


Rappelez-vous, cette avocate du CAC40 a mis en location, bien sûr, à une personne noire et handicapée, un logement impropre à l'habitation, dangereux pour l'occupant et insalubre au regard du code de la construction.


La LDVR porte ce combat, malgré la procédure baillon intentée contre elle par la taulière pour avoir révélé l'affaire. La patronne du cabinet August Debouzy et propriétaire du logement insalubre voit par ailleurs, son dossier remonter jusqu'au rapporteur spécial contre le racisme auprès du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies.


Fidèle à sa réputation, la LDVR est un réseau national de défense des droits, qui ne ressent aucune peur envers les personnes puissantes. Elle l'est tout autant !


Le cabinet August Debouzy vit ce dossier comme une humiliation publique dévastatrice. Si le printemps a vu cette affaire se tasser en qualifiant la LDVR de marginale et affabulatrice, August Debouzy découvre leur consœur et quelle consœur ?! 


Une bâtonnière. La bâtonnière de Nîmes. Le conseil officiel du réseau LDVR. Une spécialiste en droit pénal. Une pointure du droit français. Une personnalité majeure du barreau.

La séquence diffusée sur France 2 révèle que la LDVR est à l'initiative d'une affaire nationale à destin international, visant l'un des plus puissants ministres du gouvernement français. 


Le contraste est saisissant.

D'un côté, un réseau fédérant onze associations réparties sur le territoire national. De l'autre, une ancienne bâtonnière qui porte publiquement certaines de ses procédures. Et au milieu, une affaire suffisamment importante pour être évoquée dans l'une des émissions d'investigation les plus regardées du pays.


Cette combinaison modifie inévitablement la perception que l'on peut avoir de la structure LDVR et de sa crédibilité lorsqu'elle porte un dossier.


Ce qui pouvait être perçu comme une simple association apparaît désormais sous un jour différent : celui d'un réseau organisé, implanté géographiquement, disposant de relais institutionnels, de conseils juridiques reconnus et d'une capacité à porter certains dossiers jusqu'au débat public national.

Pour les acteurs ayant croisé la route de la LDVR dans un contentieux particulier, la découverte peut être brutale. Car l'organisation qu'ils pensaient connaître n'est peut-être pas celle qu'ils imaginaient. 


Lorsque l'on sait que la LDVR communique toujours sur les dossiers qu'elle porte, le cabinet August Debouzy n'a pas fini de voir son nom rattaché à chaque dossier porté par la LDVR. 


Par conséquent, la situation devient mécanique : plus on parle de la LDVR et plus la LDVR évoque le dossier August Debouzy. C'est une méthode comme une autre pour exposer des injustices. Sauf que cette méthode-ci demeure effroyablement redoutable. 


Constance Bourgeois, Rédactrice en chef de La LDVR 

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