À Rethel, un mineur exposé puis abandonné : la LDVR refuse la loi du silence

 À Rethel, un mineur exposé puis abandonné : la LDVR refuse la loi du silence


Il aura suffi de quelques secondes pour que l’image d’un adolescent fasse le tour du pays. Quelques secondes durant lesquelles un jeune, présenté comme mineur, saisit Pascal Soetens par-derrière pour s'amuser de manière enfantine, au niveau du cou, avant que l’ancien animateur ne se dégage. La police municipale ris de bon cœur en observant l'enfant qualifié de: Pascal le petit frère.


Les images de la Seine qui circule sur les réseaux sociaux depuis le 28 juillet 2026, montrent Pascal Soetens revenir vers le jeune, poursuivre la confrontation et effectuer plusieurs mouvements dans sa direction, dont une tentative apparente de le déséquilibrer. 


Un agent de la police municipale qui riait de la blague du petit plaisantin au point de le laisser faire, cependant, l'agent finit par intervenir mais... pour retenir Pascal, incapable de se contenir. Vous avez bien compris l'agent municipal ressent le devoir de contenir l’adulte décider à en découdre lui-même.


Or à ce moment-là l'enfant a lâché Pascal. Pourtant ce dernier semble vouloir revenir à la charge il semble assener un coup et tenté de faire chuter l'enfant d'une quinzaine d'années, par une balayette louper. Le quinquagénaire semble ne pas pouvoir se maîtriser et confond l'enfant avec un agresseur potentiel qui aurait tenté de le provoquer... 

Oui, tel un adolescent du même âge Pascal lui lance "Je ne suis pas ton pote" : dit le grand-père de 56 ans. Or il ne s'adressait pas à un pote de bistrot, ni un collègue de salle de sport. Encore moi un vague camarade du passé rencontré dans des rues douteuses. Non, il s'adressait à un enfant



Il appartient désormais à l’enquête, à l’exploitation de la vidéo intégrale et aux auditions de déterminer la nature exacte de ces gestes et leur éventuelle qualification pénale. La LDVR ne prononce aucune condamnation, ce n'est pas son rôle. Elle demande précisément que la justice fasse son travail. La police municipale aurait dû, selon la LDVR, arrêter Pascal soetens, proposer son placement garde à vue pour violence volontaire et le présenter à un officier de police judiciaire. 


Un mineur n’est pas une cible, il n’est pas davantage un contenu. 

Depuis la diffusion de la séquence, le visage, le corps, les vêtements et les gestes de cet adolescent ont été reproduits sur des sites d’information et des comptes sociaux. La violence présumée est commentée, découpée, ralentie et rediffusée. Au milieu de cette tempête médiatique, une réalité semble avoir été oubliée : la personne ainsi exposée est un enfant.


Sa mère demande désormais que son image ne soit plus diffusée. Selon les éléments transmis à la LiDVR, elle n’a jamais autorisé la reproduction des photographies ou des vidéos, ni le moindre élément permettant d'identifier son fils. Son enfant est mineur et aspire à des vacances d'été paisibles.


La LDVR demande, par conséquent, solennellement à l’ensemble des organes de presse, plateformes et comptes ayant publié cette séquence de retirer les photographies et vidéos permettant de reconnaître le mineur, y compris celles dans lesquelles son seul visage aurait été floutée.

Car le floutage ne suffit pas toujours à rendre un enfant méconnaissable. Sa silhouette, ses vêtements, sa voix, le lieu, les personnes qui l’entourent et le rapprochement avec les images originales peuvent permettre son identification.


Un carré flou posé sur un visage ne transforme pas automatiquement une diffusion en acte de protection.

On ne peut pas dénoncer ce qu’un adolescent aurait subi tout en faisant de son image une marchandise médiatique. On ne protège pas un enfant en organisant la répétition sans fin de la scène qui l’expose. On ne répare pas une atteinte possible à sa dignité en lui en imposant une seconde : celle de devenir un spectacle national.


Un mineur n’est ni un adversaire, ni une vignette, ni un produit d’appel.

Pendant que certains commentent, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines agit. Depuis le début de cette affaire, beaucoup ont choisi leur camp avant même qu’une enquête soit conduite. Certains invoquent une réaction instinctive. D’autres réduisent la scène à une querelle festive. Quelques médias considèrent même que la plainte prendrait une ampleur excessive.


Mais la LDVR pose une question plus simple : lorsqu’un adulte assène un coup à un mineur, tente de le faire chuter, devant une police municipale Médusée, constatant la Seine lui échapper. Voir un quinquagénaire grand et puissant, poursuivre physiquement un mineur chétif,  après s’être déjà dégagé, est-il vraiment démesuré de demander à la justice de vérifier les faits ?


La LDVR a saisi le procureur de la République afin que soient établis l’âge exact du jeune, la chronologie complète, la nature des mouvements accomplis, leurs conséquences éventuelles et les responsabilités susceptibles d’être retenues. Elle demande que la vidéo originale soit examinée, que les témoins soient entendus et que les éléments de preuve soient préservés. 


Elle rappelle également que cette séquence intervient moins d’un mois après une première plainte relative à des propos publics appelant à administrer plusieurs gifles à un adolescent de quatorze ans ainsi qu'après les révélations de la LDVR, concernant la gifle, que Pascal le grand frère a avoué avoir asséné à son propre enfant.


À la connaissance de la Ligue, aucune autre grande organisation de défense des droits ne s’est publiquement engagée avec la même détermination sur l’ensemble des dimensions de ce dossier : les gestes susceptibles d’avoir été commis, le traitement institutionnel de l’incident et la protection immédiate de l’image du mineur.


La LDVR paraît donc bien seule dans ce combat.

Seule, non parce que la cause serait secondaire, mais peut-être parce qu’elle oblige à se confronter à une personnalité connue, à des médias puissants et à une opinion prompte à excuser ce qu’elle condamnerait probablement avec beaucoup plus de vigueur chez un inconnu. Toutefois, La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines demeure calibrée pour ce type d'intervention. Le président fédéral de la LDVR, producteur, réalisateur, conseiller en communication, dispose de toutes les compétences pour assumer ce type d'affaires avec méthode et professionnalisme


Jean-Marc Morandini : le pire soutien possible

Le site de Jean-Marc Morandini présente d’abord Pascal Soetens comme ayant simplement « recadré » l’adolescent, puis juge que la plainte de la LDVR prendrait une ampleur « un peu démesurée au vu de la vidéo ». Le média reconnaît pourtant lui-même que le jeune semblait vouloir s’amuser, qu’il ne l’avait pas réellement étranglé et que la police municipale a dû intervenir pour séparer Pascal Soetens de lui.


Pour Pascal Soetens, difficile d’imaginer soutien plus accablant. Être ainsi défendu par le média d’un homme définitivement condamné pour corruption de mineurs, condamné notamment à une interdiction définitive d’exercer au contact de mineurs, puis retiré de l’antenne de CNews, constitue probablement l’un des pires parrainages possibles pour une personnalité aujourd’hui visée par une plainte pour violences volontaires sur mineur. Ce soutien ne l’innocente pas : il l’enfonce davantage encore.


La police municipale de Rethel doit répondre

La présence d’agents municipaux au moment des faits rend indispensable une transparence complète.

Les images paraissent montrer qu’au moins un agent a directement assisté à la confrontation et qu’il est intervenu pour séparer les protagonistes. Pourtant, aucun élément actuellement connu de la LDVR ne permet d’établir si l’identité complète du mineur a été relevée, si ses représentants légaux ont été immédiatement contactés, si le jeune a été informé de ses droits ou si un examen médical lui a été proposé. Il reste également à déterminer si un rapport circonstancié a été rédigé, si les vidéos ont été conservées, si les communications radio ont été préservées et si un officier de police judiciaire ou le parquet a été immédiatement informé. 


Le signalement adressé au maire de Rethel par La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines rapporte par ailleurs, que certains agents auraient adopté envers Pascal Soetens une attitude particulièrement familière, l’appelant par son prénom, le tutoyant et paraissant, à certains moments, échanger ou rire avec lui. Ces observations doivent être vérifiées à partir des enregistrements complets et des auditions. Elles imposent néanmoins une question institutionnelle grave : la notoriété de la personne impliquée a-t-elle altéré la distance professionnelle qui devait être observée ?


La police municipale ne dispose certes pas du pouvoir de décider seule d’un placement en garde à vue. Mais ses agents pouvaient sécuriser les lieux, identifier les protagonistes, protéger le mineur, préserver les preuves et rendre compte sans délai à l’officier de police judiciaire compétent


Quelles mesures ont été prises afin de protéger l’enfant et de garantir l’impartialité du traitement de l’incident ? Ce ne sont pas des accusations. Ce sont les questions élémentaires qu’une institution responsable doit accepter lorsqu’une scène susceptible de caractériser des violences sur un mineur se produit sous les yeux de ses agents.


La célébrité ne doit jamais peser davantage que la minorité d’un enfant. Une personnalité médiatique ne bénéficie d’aucun permis de poursuivre une confrontation. Elle ne dispose d’aucune immunité contre l’examen judiciaire. Et sa popularité ne devrait jamais lui procurer plus de considération institutionnelle que l’âge d’un enfant ne lui apporte de protection. Ceux qui acceptent trop facilement cette violence apparente au motif que le mineur aurait commencé commettent une confusion grave. Un enfant reste un enfant avec des comportements parfois enfantins. Oui c'est un enfant !


Constance Bourgeois. Rédactrice en chef de La LDVR 


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