Affaire Pascal Soetens : quand des personnalités publiques abandonnent un enfant au nom de leur amitié ...et de la gaudriole

Affaire Pascal Soetens 

Quand des personnalités publiques abandonnent un enfant au nom de leur amitié 

...et de la gaudriole 


Si Pascal le grand frère demeure présumé innocent, l'indécence morale la plus décomplexée doit être clairement nommée.


La République ne protège pas les enfants seulement lorsque leur agresseur présumé est inconnu, impopulaire ou socialement isolé. Elle les protège aussi lorsque l’adulte mis en cause est célèbre, apprécié, entouré et soutenu par des personnalités publiques. C’est précisément dans ces moments-là que les valeurs républicaines sont éprouvées.


À la suite des événements survenus à Rethel entre Pascal Soetens et un mineur, plusieurs personnalités publiques ont choisi de soutenir publiquement l’ancien animateur de télévision. Issa Doumbia a estimé qu’il n’y avait « zéro débat ». Naoil Tita a affirmé que l’adolescent avait eu « de la chance » que la réaction de Pascal Soetens n’ait pas été plus dure.


Ces déclarations ne relèvent pas seulement de l’amitié ou de la solidarité personnelle.

Elles posent une question beaucoup plus grave : quelle place notre société accorde-t-elle encore à la protection de l’enfance lorsque l’adulte concerné bénéficie d’une forte notoriété ? La République ne connaît ni les amis ni les célébrités. Dans un État de droit, la justice ne se rend pas selon la popularité des protagonistes.


La République ne demande pas si l’adulte est sympathique, s’il a des amis célèbres, s’il a été apprécié à la télévision. Elle examine les faits. Point barre ! Elle distingue la réaction nécessaire de l’escalade inutile. Elle apprécie la proportionnalité des gestes. Elle protège les droits de chacun, et plus encore ceux du mineur, parce qu’un enfant ne dispose ni de la puissance médiatique, ni du réseau, ni de l’expérience d’un adulte célèbre.


Déclarer qu’il n’y aurait « aucun débat » avant même que les faits aient été examinés revient à nier la fonction même de la justice. Suggérer qu’un adolescent aurait mérité une réaction plus dure revient à substituer la vengeance à la règle de droit. Ce n’est pas l’autorité. Ce n’est pas l’éducation. Ce n’est pas la République. C’est du populisme décadent qui ridiculise ses auteurs. 


Ceci étant dit, le premier réseau national d'associations de défense des droits en France préfère juger cela avec la distance que tout ce petit théâtre requiert. Faire le clown pour amuser la galerie n’a jamais été une preuve de compétence juridique caractérisée. Alors, ne leur en voulons pas, allons, allons !


Défendre une connaissance que l’on apprécie demeure aussi humain que de protéger la vie d’un enfant ! Néanmoins, la LDVR n’est pas certaine que toutes les causes se valent ! Par conséquent, les soutiens de Pascal Soetens ont parfaitement le droit de lui témoigner leur affection. Toutefois, les personnes que l’on protège, comme les réactions à chaud auxquelles on s’abandonne, peuvent laisser des traces dont on ne se relève jamais ! 


Dans beaucoup de traditions, il est acquis depuis des décennies qu’un enfant ne doit jamais passer après une carrière, des intérêts personnels ou après des personnalités qui vivent de leur notoriété et qui sont pourtant bien heureuses de trouver la République lorsqu’elles réclament, pour elles-mêmes, protection, respect, justice et présomption d’innocence.


L’adolescence d’un enfant gravement compromise

On ne peut pas invoquer l’État de droit lorsqu’il nous protège et le dénoncer lorsqu’il protège un enfant contre les conséquences possibles du comportement d’un adulte. Deux personnes ne subiront jamais les mêmes conséquences. Certains disposent d’un nom, d’une carrière, d’une communauté, de soutiens publics et d’une capacité immédiate à prendre la parole.


Le mineur de Rethel ne dispose de rien de comparable. Comment se déroulera sa rentrée scolaire en septembre ? Il pourrait devenir, en quelques heures, la cible d’une foule numérique, alors que, dans sa fragilité, ce pauvre gamin a toutes les chances d’être livré aux pires billevesées et autres calomnies et au harcèlement moral, très peu enviables, qu’aucun défenseur à la petite semaine du quinquagénaire violent de l’Oise n’aimerait subir.


L’un pourra défendre son image, mobiliser ses relations et reconstruire sa communication. L’autre devra retourner à l’école, affronter les regards, les moqueries, les commentaires, les insultes et peut-être porter durablement les conséquences d’une vidéo devenue nationale. Personne ne peut affirmer aujourd’hui que sa vie sera détruite. Mais personne de sérieux ne peut nier que son adolescence peut être gravement atteinte.


Constance Bourgeois. Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Nouvelle plainte contre Pascal Le Grand Frère pour violences sur mineur : pour la LDVR, cette fois, cela va beaucoup trop loin !

HÉLISTATION DE L’ÎLE-D’YEU : PLAINTE CONTRE LE PRÉFET DE VENDÉE ET LA MAIRE

Mahasti Razavi, la patronne de l'ancien premier ministre Bernard Cazeneuve accusée de cruauté