Enfants agressés : qui sont ces Français qui trouvent toujours une bonne excuse à ceux qui agressent les enfants ?

Enfants agressés : qui sont ces Français qui trouvent toujours une bonne excuse à ceux qui agressent les enfants ?



Les Français jurent qu’ils ne supportent pas la violence faite aux enfants. Pourtant, en France, dix-huit enfants sont agressés chaque heure. Alors il faut poser la seule question qui dérange : si les Français sont aussi révoltés qu’ils le prétendent, pourquoi les enfants sont-ils encore si seuls lorsqu’ils subissent des violences, comme dans l'affaire Pascal Le Grand Frère qui incite à des gifles pédagogiques sur mineur, avec l'approbation de tant de français ?


Parce qu’en réalité, avant de protéger l’enfant, on regarde qui est l’adulte. Est-il connu ? Est-il apprécié ? Est-il sympathique ? A-t-il bonne réputation ? A-t-il aidé des jeunes ? Passe-t-il bien à la télévision ? Est-il un père respectable, un éducateur reconnu, un entraîneur admiré, un professeur estimé, un proche que personne ne veut soupçonner ?


Alors les excuses commencent. Il plaisantait. Il voulait bien faire. Il s’est mal exprimé. Ce n’est pas son genre. Il a tellement fait pour les autres. L’enfant est difficile. L’adolescent est assez grand. Ce n’était qu’une gifle. Il y a plus grave. L'enfant l'avait bien cherché.


L’affaire Pascal le Grand Frère qui reste présumé innocent révèle précisément ce mécanisme. Dès que l’adulte est connu, aimé ou considéré comme utile, la violence devient soudain discutable. On ne demande plus ce qu’a subi l’enfant, ni quelles traces ces évènements fortuits et inconsidérés, d'une résonance médiatique nationale, laisseront comme stigmates dans la vie de ce malheureux gamin. On cherche à préserver l’image d'un adulte. Mais les personnes violentes ne portent pas sur le front la mention « prédateur » ou distributeur de gifles pédagogiques.


Elles peuvent être charmantes, populaires, généreuses en public et violentes dans l’intimité. Elles peuvent être admirées par des milliers de personnes et terroriser un enfant. Elles peuvent avoir bonne réputation précisément parce que personne ne veut regarder derrière cette réputation.


C’est ainsi que les violences prospèrent dans les familles, dans les écoles, dans les clubs, dans les institutions et partout où l’adulte bénéficie d’un capital de sympathie supérieur à la parole de l’enfant. Les Français disent protéger les enfants. Mais trop souvent, ils protègent surtout les adultes qu’ils aiment, qu’ils connaissent ou qu’ils admirent.


Dix-huit enfants sont agressés chaque heure, et pendant ce temps, la France continue de chercher non pas comment les protéger, mais pourquoi des réseaux d'associations qui luttent pour la protection des enfants existent encore ? Comme dans les articles des médias de Jean Marc Morandini, condamné pour corruption de mineur, beaucoup relativise la violence sur les enfants.


Pourquoi ces associations se chargent elles de défendre les plus vulnérables d'entre nous ? Et c'est à ce moment-là que vous entendez parler de l'inversion des valeurs. Oui parce qu'aujourd'hui, en France, le problème n'est pas celui qui agresse, mais celui qui demande une enquête exhaustive sur des faits de violence sur ce mineur de Rethel 


Constance Bourgeois. Rédactrice en chef de La LDVR 


https://ldvrparis.blogspot.com/2026/07/enfants-agresses-qui-sont-ces-francais.html

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