Faveur sexuelle contre logement social : Astrid Renoult, la grande absente de l'enquête pour corruption liée à Francis Szpiner ?
Faveur sexuelle contre logement social : Astrid Renoult, la grande absente de l'enquête pour corruption liée à Francis Szpiner ?
Dans toute mairie, le directeur ou la directrice de cabinet occupe une fonction centrale. C'est souvent cette personne qui organise les rendez-vous du maire, coordonne son agenda, suit les dossiers sensibles et constitue le premier interlocuteur des administrés, des associations et de nombreux partenaires institutionnels.
C'est précisément pour cette raison qu'une question mérite aujourd'hui d'être posée. Dans l'affaire visant Francis Szpiner, mis en examen dans une information judiciaire portant notamment sur des soupçons de corruption passive en lien avec l'attribution d'un logement social, les investigations ont donné lieu à plusieurs perquisitions, notamment à la mairie du XVIᵉ arrondissement.
Pourtant, un nom demeure étonnamment absent des informations rendues publiques : celui d'Astrid Renoult, directrice de cabinet et attachée parlementaire de celui qui aurait échangé faveur sexuelle contre logement social.
Les sources publiques confirment pourtant qu'elle a exercé les fonctions de directrice de cabinet de Francis Szpiner à la mairie du XVIᵉ arrondissement avant de poursuivre sa collaboration auprès de lui.
Dès lors, plusieurs interrogations apparaissent légitimes. Astrid Renoult a-t-elle été entendue par les enquêteurs ? Si oui, quelles informations a-t-elle pu apporter sur l'organisation du cabinet, la gestion des rendez-vous ou le fonctionnement quotidien de la mairie ?
Si elle n'a pas été auditionnée, pour quelles raisons ? Les agendas du maire ont-ils été entièrement exploités ? Les modalités de prise de rendez-vous ont-elles été reconstituées ? Les enquêteurs ont-ils pu déterminer quelles personnes intervenaient dans l'organisation des rencontres évoquées dans le dossier ?
Ces questions ne visent pas à mettre en cause la directrice de cabinet de Jérémy Redler, maire actuel de l'arrondissement. Par ailleurs, à ce jour, aucune information publique ne laisse entendre qu'elle ferait l'objet d'une quelconque poursuite ou qu'elle serait impliquée dans les faits reprochés à Francis Szpiner.
En revanche, elles soulèvent une interrogation plus générale sur la manière dont une enquête reconstitue le fonctionnement concret d'un cabinet politique. Car lorsqu'une affaire concerne l'exercice de fonctions publiques, comprendre l'organisation administrative qui entourait l'élu constitue également un enjeu d'intérêt général.
Le silence entourant ce volet de l'affaire nourrit donc naturellement les interrogations. Il appartiendra, le moment venu, à l'autorité judiciaire de préciser si ce pan des investigations a été exploré et, le cas échéant, quelles en ont été les conclusions.
Il n'en demeure pas moins qu'une interrogation d'intérêt général subsiste. La directrice de cabinet est, par nature, l'une des plus proches collaboratrices d'un maire :
elle participe à l'organisation de son agenda, coordonne l'activité du cabinet et constitue souvent le premier point de contact des administrés, des associations et des partenaires institutionnels.
Dans ces conditions, une question mérite d'être posée : les enquêteurs ont-ils cherché à recueillir son témoignage afin de mieux comprendre le fonctionnement du cabinet et les modalités d'organisation des rendez-vous et des dossiers concernés par l'enquête ?
La réponse à cette question permettrait de mieux apprécier l'étendue des investigations menées, sans préjuger en rien des responsabilités de quiconque.
Toutefois, chacun sait que les secrétaires, les proches collaborateurs, les directeurs de cabinet sont étroitement au courant des agissements de leur cabinet. Sauf, sûrement la directrice de cabinet du Maire accusé de corruption passive.
Nous rappelons que tous les protagonistes du dossier demeurent présumés innocents.
Constance Bourgeois, Rédactrice en chef de La LDVR

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