Guillaume Pley dans les griffes judiciaires de la LDVR

 Guillaume Pley dans les griffes judiciaires de la LDVR 


Paris, 8 août 2026 — Quelques jours après la publication d’une vaste enquête des Inrockuptibles consacrée au « système Guillaume Pley » qui reste présumé innocent jusqu'à une décision définitive d'une Cour de justice, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR) a décidé de saisir la justice. Le réseau national d’associations a déposé, ce 8 août, une plainte pénale auprès de la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Paris contre Guillaume Pley, ainsi que contre toute personne dont l’enquête judiciaire permettrait d’établir une éventuelle implication.


La démarche intervient alors que l’affaire prend une nouvelle ampleur médiatique. Publiée le 5 août et mise à jour le 7 août, l’enquête du journaliste Iban Raïs s’appuie, selon Les Inrockuptibles, sur plusieurs mois de travail, des témoignages de dizaines d’anciens salariés, stagiaires, alternants et collaborateurs, ainsi que sur des documents internes et des échanges privés. Le magazine décrit notamment des témoignages faisant état d’un climat professionnel présenté comme sexiste, raciste et délétère.


Plusieurs qualifications pénales envisagées


Dans sa plainte, la LDVR demande que les faits rapportés soient vérifiés par l’autorité judiciaire. Le document évoque notamment des faits susceptibles, sous réserve des investigations, de relever du harcèlement moral, du harcèlement sexuel, de violences ou agressions sexuelles, d’infractions relatives à la protection des mineurs, ainsi que de faits de discrimination ou de harcèlement discriminatoire. La plainte porte également sur plusieurs témoignages précis rapportés dans l’enquête journalistique.


Elle mentionne notamment des échanges entre Guillaume Pley et des personnes alors mineures, dont une personne indiquant avoir commencé à échanger avec lui à l’âge de 14 ans. La LDVR demande que soient notamment vérifiés l’âge des personnes concernées, le contenu intégral des échanges, leur chronologie et l’existence éventuelle de rencontres physiques. La plainte évoque également le témoignage d’une ancienne stagiaire qui affirme qu’en 2013, alors qu’elle avait 19 ans et travaillait chez NRJ, Guillaume Pley aurait posé sa main sur sa cuisse sans son consentement. La LDVR demande notamment que cette personne soit entendue et que d’éventuels témoins soient identifiés.



La question du fonctionnement professionnel

Au-delà des faits à caractère sexuel ou concernant des personnes mineures, la plainte s’intéresse également au fonctionnement professionnel décrit dans l’enquête. Sont notamment mentionnés des propos humiliants, des cris, des pressions, des comportements dévalorisants et un climat professionnel décrit comme anxiogène. Plusieurs témoignages feraient également état de conséquences psychologiques ou physiques pour certains collaborateurs.


La LDVR demande que ces éléments soient vérifiés et que soient déterminées, le cas échéant, leur réalité, leur répétition, leur ampleur et leurs éventuelles qualifications pénales. La plainte évoque par ailleurs des témoignages relatifs à des propos ou comportements présentés comme sexistes ou racistes dans l’environnement professionnel de Legend, ainsi que l’existence alléguée d’un tableau intitulé « Qui est le plus raciste ? ».



Une plainte qui demande au parquet d'aller au-delà des seuls faits déjà révélés

La LDVR ne demande pas simplement l’enregistrement d’une plainte concernant les faits déjà publiés. Elle sollicite une véritable recherche de la manifestation de la vérité : auditions des personnes susceptibles d’avoir été victimes, auditions des témoins, recueil et préservation d’échanges numériques et de documents internes, vérifications concernant les personnes mineures au moment des faits et recherche d’éventuelles autres victimes ou personnes susceptibles d’avoir participé aux faits ou d’en avoir eu connaissance.


Le réseau demande également au parquet de déterminer, fait par fait, les qualifications pénales éventuellement applicables et les responsabilités individuelles susceptibles d’en découler. La LDVR se veut dans son rôle d'association de défense des droits. Dans sa plainte, la LDVR insiste sur le fait qu’elle ne prétend pas se substituer à l’autorité judiciaire et ne préjuge pas de la culpabilité de Guillaume Pley. Elle explique intervenir au regard de son objet statutaire, qui comprend notamment la défense des principes républicains, de la dignité humaine, de l’égalité des droits et la lutte contre les violences, le harcèlement et les discriminations.


La plainte conclut que la pluralité et la nature des faits rapportés, leur éventuelle répétition et l’existence alléguée d’éléments matériels justifient qu’une appréciation judiciaire indépendante soit menée. Guillaume Pley conteste une partie des accusations et reconnaît des échanges « inappropriés ». Le dépôt de plainte intervient également après la réaction publique de Guillaume Pley.


Dans un document transmis à BFM et relayé le 7 août, le fondateur de Legend reconnaît certaines erreurs passées et qualifie notamment certains échanges avec des personnes de son public, parfois mineures, d’inappropriés, tout en contestant plusieurs éléments rapportés dans les enquêtes et en dénonçant ce qu’il considère comme une volonté de lui nuire. La Dépêche rapporte également sa réaction aux enquêtes mettant en cause son management et des comportements sexistes. La plainte de la LDVR intervient par conséquent dans un contexte où les accusations font déjà l’objet d’un débat public et où Guillaume Pley a lui-même apporté une réponse aux éléments qui lui sont reprochés.


Une nouvelle saisine judiciaire pour la LDVR

La LDVR n’en est pas à sa première intervention dans un dossier médiatique impliquant une personnalité connue. Le réseau avait notamment saisi la justice dans le dossier concernant Pascal Soetens, connu sous le nom de « Pascal le Grand Frère ». La sénatrice RN Christine Herzog, l'ancien Ministre de l'intérieur Bruno Retailleau devant la Cour européenne des droits de l'homme, des maires, des mairies et aujourd'hui, aec Guillaume Pley, le dossier présenté par la LDVR est toutefois d’une nature sensiblement plus large : la plainte regroupe plusieurs catégories de faits et demande expressément au parquet d’en rechercher l’éventuelle dimension pénale.


À ce stade, aucune décision judiciaire ne permet de conclure à la culpabilité de Guillaume Pley. La plainte vise précisément à ce que les faits rapportés soient vérifiés et que les responsabilités éventuelles soient établies par l’autorité judiciaire. La suite appartient désormais au parquet de Paris. 
Nous rappelons que Guillaume Pley reste présumé innocent à ce jour. 


Constance Bourgeois 
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines 

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