La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines traîne Pierre-Jean Chalençon devant le tribunal judiciaire de Paris
La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines
Traîne Pierre-Jean Chalençon devant le tribunal judiciaire
de Paris
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Cette fois, il ne s’agit plus d’une polémique sur les réseaux sociaux. S'il demeure avant tout présumé innocent, Pierre-Jean Chalençon devra comparaître devant la justice. Après la plainte déposée le 15 mai 2026 par l premier réseau national d'associations de défense des droits La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines, l’ancien visage d’Affaire conclue est attendu le 13 janvier 2027 devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. La LDVR, elle, a été avisée de l’audience en qualité de victime.
L’affaire avait commencé par une vidéo. Elle se poursuivra dans une salle d’audience. Le 15 mai 2026, le Président fédéral de la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines saisit le procureur de la République de Paris contre Pierre-Jean Chalençon. Dans sa plainte, l’organisation met sur la table quatre griefs particulièrement lourds : injure publique à caractère raciste ou discriminatoire, provocation publique à la haine ou à la discrimination, diffusion de propos attentatoires à la dignité de la personne humaine et banalisation publique de procédés de déshumanisation incompatibles avec les principes fondamentaux de la République.
Et la plainte ne tourne pas autour du pot.
Elle vise une vidéo dans laquelle apparaissent notamment les termes « islamistes », « assistés », « racailles » et surtout « cancrelats », ainsi que cette phrase : « On va tous les foutre en taule. ». Pour la LDVR, le mot « cancrelats » constitue le point de rupture. L’organisation nationale estime que qualifier des êtres humains ou des groupes sociaux de cette manière relève d’un procédé de déshumanisation d’une gravité exceptionnelle. Dans sa plainte, elle rapproche ce vocabulaire des mécanismes de stigmatisation collective, d’exclusion et de désignation hostile.
Là où beaucoup d’affaires people s’arrêtent aux indignations, aux tweets et aux déclarations, la Ligue a choisi le terrain judiciaire. Elle invoque notamment les articles 29 et 33 de la loi du 29 juillet 1881 sur l’injure publique ainsi que l’article 24 relatif à la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence. Elle demande alors au parquet l’ouverture d’une enquête pénale, la conservation immédiate des contenus litigieux, l’identification précise des conditions de diffusion de la vidéo, l’audition des personnes utiles et l’engagement des poursuites que le ministère public jugerait appropriées.
Trois mois plus tard, le dossier n’est manifestement plus rangé dans un tiroir.
Chalençon devant la 17e chambre. Une audience est désormais fixée. 13 janvier 2027. 13 h 30. 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Pierre-Jean Chalençon y est désigné comme prévenu. De son côté, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines a reçu un avis d’audience en qualité de victime. Le symbole est fort. Car ce qui, au mois de mai, pouvait encore être présenté comme « une plainte d’association » est désormais inscrit au rôle d’une juridiction correctionnelle. Et pas n’importe laquelle : la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, juridiction particulièrement familière des contentieux de presse et de liberté d’expression.
Une plainte qui voulait poser une limite
Dans son texte initial, la LDVR assumait une ligne très claire : selon elle, la liberté d’expression ne saurait servir de paravent à des propos qu’elle considère comme dégradants ou déshumanisants. L’organisation affirme agir au titre de la défense des valeurs républicaines, de la protection de la dignité humaine, de la lutte contre les discriminations, de la défense du principe d’égalité et de la lutte contre les discours de haine.
Elle affirmait également que sa démarche ne procédait d’aucune volonté de polémique mais d’une volonté de prévenir la banalisation des discours de déshumanisation dans l’espace public. Désormais, ce n’est plus la LDVR qui décidera seule de la portée de ces mots. Ce sera au tribunal. Le 13 janvier, chacun devra répondre de sa position
La LDVR a déposé plainte. Le parquet a engagé une procédure. Une audience est fixée. Et Pierre-Jean Chalençon devra répondre devant la 17e chambre correctionnelle des faits qui lui sont reprochés. La LDVR, elle, sera présente en qualité de victime. Le temps des déclarations est terminé. Place désormais au débat judiciaire. Pierre-Jean Chalençon demeure naturellement présumé innocent et aucune culpabilité ne peut être retenue avant la décision du tribunal.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines.

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