Montpeyroux : la LDVR demande un droit de réponse après que l'ami de l'élu, Marcel Gay, qualifie l’affaire de « couillonnade »

 Montpeyroux : 
la LDVR demande un droit de réponse après que l'ami de l'élu, Marcel Gay, qualifie l’affaire de
« couillonnade »

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La LDVR souhaite préciser que toutes les personnes et organismes précités demeurent présumés innocents, l'organisation nationale et fédérée de défense des droits La  Ligue de Défense des Valeurs Républicaines fait uniquement valoir son droit d'expression, telle que prévue par la législation en vigueur.

La polémique née à Montpeyroux, dans l’Hérault, après des propos tenus lors d’un conseil municipal, connaît un nouveau développement. La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR), qui avait saisi la justice à la suite des faits, demande désormais l’exercice d’un droit de réponse après la publication, le 7 août 2026, d’un article du site Info du Jour intitulé « Montpeyroux (34) : une couillonnade met le feu au village ».


Au cœur de l’affaire, une phrase prononcée le 5 juin 2026 lors d’une séance du conseil municipal consacrée à la désignation des délégués appelés à participer à l’élection des sénateurs. Selon les éléments rapportés, un élu municipal avait déclaré, à propos d’une urne récalcitrante : « Tu as vu, c’est comme les femmes, de temps en temps, faut taper dessus. »


Les propos avaient provoqué la réaction de deux élus d’opposition, qui avaient demandé leur inscription au procès-verbal. Leur auteur les avait ensuite reconnus et répétés. L'affaire ne s'est pas arrêtée à la polémique municipale. Le 13 juillet 2026, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines a déposé une plainte auprès du procureur de la République de Montpellier.


Contrairement à l'image d'une démarche simplement protestataire, la plainte demande notamment l'ouverture d'une enquête, l'audition des personnes présentes lors de la séance du 5 juin, la communication du procès-verbal et des éventuels enregistrements ainsi que les investigations nécessaires à l'identification certaine de l'auteur des propos.


La LDVR soumet également à l'appréciation du parquet plusieurs qualifications pénales, parmi lesquelles la provocation publique à la violence à raison du sexe et l'injure publique à raison du sexe. La démarche s'inscrit dans un dispositif plus large. Dans une mise en demeure adressée quelques jours plus tard à la maire de Montpeyroux, l'organisation indique également avoir effectué un signalement auprès de Madame la préfète de l'Hérault.


Marcel Gay, le journaliste d'infodujour.fr et camarade du mis en cause charge la LDVR


Le 7 août, le journaliste Marcel Gay consacre à l'affaire un long article publié par Info du Jour. Son angle est immédiatement donné par son titre : « une couillonnade met le feu au village ». L'article raconte les tensions ayant traversé Montpeyroux depuis le conseil municipal du 5 juin et décrit une commune progressivement divisée entre soutiens de l'élu et opposants aux propos prononcés.


Lorsque Marcel Gay aborde l'intervention de la LDVR, le journaliste écrit que l'organisation « a cru utile de déposer une plainte au parquet de Montpellier », avant de s'interroger : « Sur quel fondement juridique ? Diffamation ? Injure publique ? Propos sexiste ? » Évidemment le journaliste n'avait même pas lu la plainte. Oui vous avez bien entendu, le journaliste a évoqué un sujet dont il n'avait aucune connaissance du contenu de sa pièce centrale. 


Or, malgré ce manquement majeur, l'article se termine sur une appréciation particulièrement sévère et inappropriée de la mobilisation née de l'affaire : « une simple couillonnade montée en épingle par des agitateurs professionnels » aurait, selon son auteur, pris des « proportions insensées ». C'est précisément cette présentation que conteste aujourd'hui la LDVR.



La LDVR demande un droit de réponse qu'elle diffusera sur ses canaux de communication 


Dans un droit de réponse adressé au média sur le fondement de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, la Ligue reproche au journaliste d'avoir commenté une procédure judiciaire sans avoir consulté, selon elle, la plainte dont il était question.


Pour l'organisation, cette absence de vérification expliquerait notamment que l'article puisse demander publiquement sur quel fondement juridique la plainte a été déposée alors que celle-ci expose précisément les qualifications soumises à l'appréciation du procureur.


La LDVR rappelle ainsi dans son droit de réponse que sa plainte du 13 juillet ne demande pas au journaliste , ni au tribunal public de déterminer si une infraction est constituée. Elle demande à l'autorité judiciaire d'enquêter et d'apprécier juridiquement les faits.


L'organisation cite notamment l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 relatif à la provocation à la haine ou à la violence à raison notamment du sexe ainsi que les dispositions relatives à l'injure publique commise à raison du sexe. Dès lors, le premier réseau national d'associations de défense des droits en France estime,  dès lors, que la présentation de l'affaire comme une « couillonnade » ne constitue pas une simple formule anodine, mais participe d'une minimisation de la procédure qu'elle a engagée.



Une mise en cause directe du traitement journalistique


Le droit de réponse va cependant beaucoup plus loin qu'une rectification juridique. La LDVR met directement en cause les méthodes employées pour réaliser l'article et invoque la Charte d'éthique professionnelle du Syndicat national des journalistes, qui impose notamment au journaliste de rechercher et vérifier l'information et de la replacer dans son contexte. Elle annonce ainsi son intention de saisir le SNJ au sujet du traitement de cette affaire.


La réputation de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines n'est pas volée. Elle ne laisse absolument rien passer. Quoi qu'il lui en coûte. Le ton employé par l'organisation est particulièrement offensif. Elle qualifie notamment le traitement du dossier d'« amateurisme » et estime que les lois de la République « ne sont ni des boutades, ni des accessoires éditoriaux et encore moins des couillonnades ».


Plus sensible encore, la LDVR a appris que l'élu ayant prononcé ses propos qu'elle juge honteux serait « un ami de longue date » de Marcel Gay. Le journaliste d'infodujour.fr ayant traité le dossier sans vérification de la plainte, qui pourtant constitue son sujet principal. Par conséquent, cette affirmation, qui ne ressort pas des pièces judiciaires communiquées, est avancée par l'organisation pour mettre en cause l'impartialité du traitement journalistique.


Deux récits désormais frontalement opposés


L'affaire de Montpeyroux ne porte donc plus uniquement sur la phrase prononcée le 5 juin. Deux lectures s'opposent désormais. Dans l'article d'Info du Jour, l'épisode est présenté comme un mot malheureux ayant déclenché une réaction disproportionnée et contribué à fracturer un village. Alors que pour la première organisation nationale de défense des droits en France, le débat est tout autre : des propos concernant les violences envers les femmes ont été prononcés par un élu dans le cadre d'une réunion municipale ; une plainte juridiquement argumentée a été déposée ; il appartient désormais au procureur, et non au débat médiatique, de déterminer les suites pénales susceptibles d'être données aux faits.


Entre ces deux récits, une question devient centrale : peut-on présenter une procédure comme excessive sans en exposer au lecteur les fondements précis ? C'est désormais sur ce terrain que la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines entend porter le débat. L'organisation réclame la publication de son droit de réponse et annonce parallèlement une saisine du Syndicat national des journalistes.


La polémique partie d'une phrase prononcée autour d'une urne municipale est ainsi devenue successivement une affaire politique locale, un dossier judiciaire et, désormais, une controverse sur le traitement journalistique de l'information. Quant au fond pénal de l'affaire, il reste entre les mains de l'autorité judiciaire. A croire que lorsque le Karma agit il contamine également celles et ceux qui pensaient pouvoir s'y soustraire. 



La LDVR souhaite préciser que toutes les personnes et organismes précités demeurent présumés innocents. L'organisation nationale et fédérée de défense des droits La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines fait uniquement valoir son droit d'expression, telle que prévue par la législation en vigueur.



Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines.

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