« Racisme anti-Blancs » : la LDVR dynamite un concept créé par l’extrême droite

 « Racisme anti-Blancs » : la LDVR dynamite un concept créé par l’extrême droite

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Le sujet est inflammable. La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines a pourtant décidé d'y aller franchement. Dans plusieurs textes particulièrement incisifs, la LDVR, par la plume de ses rédacteurs ( et de la mienne), s'attaque au concept de « racisme anti-Blancs » et à l'utilisation politique qui en est faite depuis plusieurs années. Sa position tient en une phrase, et elle ne laisse guère de place à l'ambiguïté : « Le racisme anti blanc n'existe pas ! » Non pas qu'il est impossible que des paroles injurieuses visent les blancs, néanmoins, les quelques occurrences décennales sur des dizaines de millions d'habitants demeurent totalement insignifiantes.


Si cette affirmation pourrait paraître provocatrice pour les apôtres de l'extrême droite française, elle n'en demeure pas moins parfaitement intelligible pour les anges de la bonne foi. D'autant que La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines développe un raisonnement très intéressant : une personne blanche peut évidemment être insultée en raison de sa couleur de peau. Mais cela demeure sans comparaison avec le racisme historiquement subi par les populations noires, arabes ou asiatiques.



Le « racisme anti-Blancs » 
Un cache-anus
pathétique 


Pour la LDVR, le principe même du concept "racisme anti blanc" n'est que le cache anus pathétique du racisme décomplexé envers les non blancs. Un concept parfaitement frelaté visant à déplacer habilement le débat : plutôt que de parler du racisme et des discriminations frappant les minorités, on rappelle que les Blancs peuvent, eux aussi, être insultés, même si objectivement, les insultes racistes visant les personnes blanches, se produisent moins souvent qu'une éclipse solaire à Paris.


La LDVR résume ce mécanisme avec l'humour féroce qu'on lui connaît, en imaginant une conversation familiale du dimanche : « On n'est pas raciste, de toute façon ils sont pires que nous ». Puis vient la chute : cette petite absolution familiale peut tranquillement intervenir « entre le fromage et le dessert ». La formule fait sourire. Le mécanisme dénoncé, beaucoup moins. Car derrière la caricature apparaît une idée simple : attribuer à l'autre son propre comportement permet parfois de ne plus avoir à s'interroger sur celui-ci.


Une comparaison avec les Parisiens qui fait mouche
Immédiatement 


La démonstration la plus étonnante de la LDVR concerne pourtant... les Parisiens. L'organisation invite à observer certains discours tenus en province à leur sujet. Les Parisiens seraient arrogants, prétentieux, privilégiés, désagréables. On leur attribue collectivement des caractéristiques sans connaître les individus concernés. Et pourtant, souligne en substance la LDVR, ceux qui tiennent ces discours et ceux qui les subissent portent exactement la même couleur de peau. Ainsi, la comparaison permet à la LDVR de déplacer intelligemment la question.


Elle montre d'abord combien l'être humain peut facilement fabriquer une représentation négative d'un groupe à partir d'une simple appartenance supposée. Puis elle pose une question beaucoup plus inconfortable : si ce mécanisme existe déjà entre les provinciaux et les Parisiens qui pourtant se ressemblent, imaginez ce qui pourrait être dit lorsque s'ajoutent une couleur de peau différente, un prénom perçu comme étranger ou une origine réelle ou supposée ?C'est là que la petite démonstration sur les Parisiens cesse d'être anecdotique.


La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines ne cache évidemment pas ceux qu'elle vise. Pour elle, le succès du « racisme anti-Blancs » dans le débat public ne peut être séparé de son utilisation par l'extrême droite et les mouvances identitaires. La Ligue y voit une mécanique de déculpabilisation particulièrement efficace : puisque « les autres » seraient également racistes, les discours visant les minorités pourraient apparaître comme une simple réponse à une hostilité préalable. Autrement dit : nous ne faisons que leur rendre ce qu'ils nous font.


C'est cette symétrie que la LDVR refuse. Elle ne prétend pas qu'un Blanc ne puisse jamais être insulté parce qu'il est blanc. Elle conteste le saut intellectuel consistant à partir de telles situations individuelles pour construire l'idée d'un « racisme anti-Blancs » qui serait le miroir du racisme touchant historiquement les minorités. La nuance est essentielle.


Et si le véritable débat était ailleurs ?


On peut évidemment contester la définition du racisme retenue par la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines. On peut considérer que toute hostilité fondée sur la couleur de peau mérite indistinctement cette qualification. Mais le texte de la LDVR a au moins le mérite de poser une question rarement formulée aussi directement : une insulte raciale individuelle et un phénomène social de discrimination sont-ils réellement une seule et même chose ?


Car c'est peut-être là que se trouve le cœur de cette bataille. Personne n'a besoin de nier qu'un individu blanc puisse subir une insulte liée à sa couleur de peau pour constater que toutes les populations ne connaissent pas nécessairement les mêmes réalités sociales, historiques ou discriminatoires. Et c'est sur cette distinction que l'organisation nationale de la rue Rembrandt dans le 8e arrondissement de Paris construit toute son argumentation qui objectivement ne reste que factuelle.


Quant à Aurore Berger, la ministre qui a mis le feu au poudre dans le journal d'extrême droite avec cette phrase, n'a pas eu les faveurs du Président Fédéral de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines. " L'opportunisme pathologique de Madame Bergé n'aurait jamais été capable de résister très longtemps aux sirènes de l'extrême droite pleines de promesses électorales". Toutefois sa dernière déclaration que Madame la ministre emprunte aux supremacistes, lui confisque le peu de légitimité que jusqu'à présent, sa démagogie a eu bien du mal a argumenté. 


Constance Bourgeois 
Rédactrice en chef de La LDVR 


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