Carcassonne : la LDVR dépose plainte après les propos racistes de policiers municipaux
Carcassonne : la LDVR dépose plainte après les propos racistes de policiers municipaux
***********
***********
Il fallait s’y attendre. Vingt-quatre heures après l’annonce de ce dossier, les 13 associations du réseau fédéré de la Ligue de défense des valeurs républicaines (LDVR) déposent plainte contre C. R., plusieurs agents de la police municipale de Carcassonne et contre X.
La procédure fait suite aux révélations concernant une patrouille du 6 novembre 2025, au cours de laquelle une caméra-piéton aurait enregistré pendant plusieurs heures les conversations de quatre policiers municipaux. Des propos racistes, xénophobes, misogynes, homophobes et transphobes auraient notamment été tenus. À l’heure actuelle, tous les protagonistes restent présumés innocents.
La LDVR vise notamment la provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence, la diffamation non publique discriminatoire et l’injure non publique discriminatoire. Elle demande également que la justice recherche d’éventuels faits de harcèlement, de menaces et surtout si de tels préjugés ont pu se traduire dans l’exercice concret des fonctions de police.
Pour son président fédéral, Michael Bastien, cette affaire pose une question beaucoup plus large : « Combien en France y a-t-il de policiers municipaux qui ont ce type de comportement ? Est-ce que vous comprenez mieux pourquoi beaucoup de nos citoyens non blancs ont peur ? Imaginez des policiers se comporter ainsi et insulter des personnes parce qu’elles ont la peau noire. C’est une trahison pour le pays, une trahison de l’uniforme et une trahison de nos valeurs républicaines. »
Le président fédéral poursuit : « Ce sont des propos aussi ignobles que les auteurs qui les prononcent. La France républicaine mérite mieux que d’être illustrée par les propos de sa police municipale. » Pour la LDVR, porter l’uniforme de la République ne donne pas seulement des pouvoirs : il impose des devoirs. Un policier municipal représente l'autorité publique lorsqu'il contrôle, verbalise ou intervient auprès d'un citoyen.
La question posée par la plainte est donc simple : si certains agents parlent ainsi des citoyens lorsqu’ils pensent ne pas être entendus, comment se comportent-ils lorsqu’ils exercent leur autorité sur eux ? C’est précisément ce que l’association demande désormais à la justice de vérifier. La plainte réclame l’exploitation intégrale de l’enregistrement, l’identification de chaque locuteur mais aussi l’examen des interventions, contrôles, verbalisations et procédures effectués par les agents concernés afin de rechercher d’éventuels actes discriminatoires dans l’exercice de leurs fonctions.
Qui savait ?
La LDVR veut également savoir qui savait, depuis quand et quelles mesures ont été prises après la découverte de l’enregistrement. La connaissance des faits par la hiérarchie et les autorités municipales fait ainsi partie des investigations expressément sollicitées. Une police républicaine ne choisit pas les citoyens qu’elle respecte en fonction de leur couleur de peau, de leur origine ou de leur orientation sexuelle. Elle les protège tous.
La justice devra désormais établir les faits et déterminer les responsabilités de chacun. C. R., les autres agents concernés et toute personne susceptible d’être mise en cause demeurent, à ce stade, présumés innocents.Mais la LDVR prévient déjà : lorsque l’uniforme est atteint, c’est l’image de toute la République qui l’est.
Le maire d'extrême droite savait-il ?
Une autre question devra désormais trouver une réponse : le maire de Carcassonne savait-il ? Et si oui, depuis quelle date et pourquoi l’agent concerné a-t-il été maintenu ou remis en fonction ? La plainte demande précisément que soient entendues les autorités municipales ayant eu connaissance des faits et que soit établie la date à laquelle chacune d’elles a été informée du contenu de l’enregistrement, ainsi que les mesures prises ensuite.
Savoir qui savait, quand il savait et ce qu’il a décidé de faire est désormais indispensable. À ce stade, aucune responsabilité du maire ne peut être tenue pour établie et l’ensemble des personnes concernées demeure présumé innocent. Le maire d’extrême droite savait-il ? La proximité politique ne saurait évidemment constituer la preuve d’une quelconque tolérance à l’égard des propos dénoncés, pas davantage que l’étiquette d’un parti ne permet d’imputer à l’un de ses élus les paroles d’un agent municipal.
Mais lorsque de tels propos surgissent au sein d’une police municipale placée sous l’autorité d’une municipalité d’extrême droite, la question de ce qui était connu, toléré ou ignoré mérite d’être posée plutôt que balayée comme un malheureux hasard. Et si le maire savait, une seconde question devient incontournable : pourquoi cet agent est-il resté en poste ? L’enquête devra répondre, les responsabilités ne pouvant à ce stade être présumées.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines

Commentaires
Enregistrer un commentaire