Cyberharcèlement de Florence Mendez : la LDVR dépose plainte contre l’influenceur Le Bracq
Cyberharcèlement de Florence Mendez : la LDVR dépose plainte contre l’influenceur Le Bracq
******
Bien que tous les protagonistes demeurent présumés innocents, le réseau La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines annonce, ce 14 septembre 2026, le dépôt d’une plainte pénale contre l’influenceur Le Bracq dans l’affaire de cyberharcèlement visant l’humoriste Florence Mendez. La LDVR retient plusieurs qualifications pénales, dont le cyberharcèlement aggravé et collectif, la complicité de harcèlement et l’injure publique à raison du sexe.
L’affaire avait notamment été documentée par Le Monde le 4 septembre 2026, puis largement remise en lumière après une séquence diffusée sur LCI le 9 septembre. Le 10 septembre, Le Parisien consacrait à son tour un article à David, connu sous le pseudonyme Le Bracq, et aux accusations de cyberharcèlement formulées à son encontre.
Florence Mendez a été publiquement visée par plusieurs propos attribués à l’influenceur, parmi lesquels « salope », « sale pute » et « sale merde ». Le Bracq lui a également déclaré qu’elle pourrait parler de « cuisine, de vaisselle et de chaussures ».
L’affaire dépasse la seule question des injures
Un appel à « relancer le harcèlement en ligne via YouTube » est au cœur de la démarche judiciaire. Le dossier fait également état de plus de 700 messages visant Florence Mendez, constatés par commissaire de justice. Pour le réseau national d’associations de défense des droits, cette succession d’éléments caractérise un mécanisme dans lequel la désignation publique d’une personne et la mobilisation d’une importante audience numérique ont conduit à un phénomène massif de harcèlement collectif.
La plainte déposée par la LDVR vise notamment le cyberharcèlement aggravé et le harcèlement collectif à l’instigation d’un tiers, sur le fondement de l’article 222-33-2-2 du Code pénal. Naturellement, tous les protagonistes de ce dossier demeurent présumés innocents
Le texte réprime notamment le harcèlement commis par plusieurs personnes contre une même victime, de manière concertée ou à l’instigation de l’une d’elles. Lorsqu’il est commis au moyen d’un service de communication au public en ligne, les peines peuvent, selon les circonstances aggravantes réunies, atteindre trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
La LDVR vise également la complicité de harcèlement par provocation ou instructions, sur le fondement des articles 121-6 et 121-7 du Code pénal. Le complice est puni comme l’auteur de l’infraction. La plainte invoque en outre l’article 23 de la loi du 29 juillet 1881, relatif à la provocation publique et directe à commettre un crime ou un délit lorsqu’elle est suivie d’effet.
Les propos directement adressés à Florence Mendez conduisent également la LDVR à retenir l’injure publique envers un particulier, prévue par l’article 33 de la loi du 29 juillet 1881, ainsi que l’injure publique à raison du sexe, prévue par le même article. Cette dernière qualification est passible de 45 000 euros d’amende et d’un an d’emprisonnement.
« Une audience numérique ne peut pas devenir une arme »
Pour la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines, l’affaire pose plus largement la question de la responsabilité attachée à la puissance d’une communauté numérique.
« La liberté d’expression permet la critique, y compris la critique virulente. Elle ne donne à personne le droit de transformer une audience numérique en meute sauvage d'extrême droite quels que soient ses opposants. Lorsqu’une femme est publiquement traitée de “salope” et de “pute”, renvoyée à la cuisine et à la vaisselle, puis exposée à des centaines de messages, la République dispose d’une arme redoutable pour ces comportements minables : le code pénal» rappelle le Président fédéral de la LDVR
Les 13 associations fédérées réparties sur l'ensemble du territoire français demandent désormais au procureur de la République l’ouverture d’investigations, la conservation et l’exploitation des contenus numériques concernés, l’établissement de la chronologie entre les publications et le déferlement de messages, ainsi que l’identification des auteurs ayant participé au harcèlement.
Le réseau rappelle enfin sa doctrine : « Nous défendons des principes, pas des personnes. » La plainte est déposée au nom de toutes les associations composant le premier réseau national d'associations de défense des droits La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines. Naturellement La présomption d’innocence demeure applicable à toute personne mise en cause.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines

Commentaires
Enregistrer un commentaire