ÎLE-D’YEU : VISÉ PAR UNE PLAINTE, LE MAIRE PRODUIT DES AVEUX FORMELS DANS LA PRESSE
ÎLE-D’YEU : VISÉ PAR UNE PLAINTE, LE MAIRE PRODUIT DES AVEUX FORMELS DANS LA PRESSE
***********
C'est un rebondissement pour le moins inattendu dans le dossier de l'hélistation de Port-Joinville. Alors que le maire de L'Île-d'Yeu est visé par une plainte pénale déposée par les douze associations fédérées de la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR), l'élu vient de livrer lui-même, dans un article de presse, des déclarations que le réseau qualifie désormais d'« aveux formels ». Un complément de plainte est annoncé.
Rarement une procédure aura connu pareil retournement.Dans un article publié par Grain de Sel consacré à l'avenir de l'hélistation de Port-Joinville, le maire de L'Île-d'Yeu, Patrice Bernard, ne se contente pas de défendre politiquement le maintien de l'activité. Il décrit publiquement les démarches entreprises par la municipalité pour permettre sa poursuite et affirme se battre « bec et ongles » pour l'activité d'OYA Vendée Hélicoptères.
Car le 4 mars 2025, la cour administrative d'appel de Nantes a confirmé l'annulation de l'autorisation ministérielle du 4 juillet 2018 ouvrant l'hélistation à la circulation aérienne publique. Or, c'est précisément la situation ayant suivi cette décision de justice et le comportement des autorités publiques concernées qui ont conduit la LDVR à saisir le procureur de la République de La Roche-sur-Yon.
Le maire explique
lui-même son action
L'article de Grain de Sel prend dès lors une dimension particulière. Le maire y confirme que la municipalité « œuvre » pour obtenir un nouveau cadre permettant l'exploitation de l'hélistation et annonce une rencontre avec OYA Vendée Hélicoptères afin de travailler sur de nouvelles conditions de fonctionnement. Plus encore, Patrice Bernard assume personnellement son engagement : « Je me bats bec et ongles pour la poursuite de l'activité d'OYA Vendée Hélicoptères. »
Pour la LDVR, ces déclarations ne constituent plus une simple prise de position politique, elles deviennent des éléments matériels nouveaux émanant directement de l'un des élus visés par la plainte, et seront donc communiquées au parquet. « Nous assistons à des aveux par voie de presse » La réaction de la Ligue est immédiate. « La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines demeure stupéfaite d'assister à des aveux par voie de presse. » Le réseau poursuit : « Monsieur le Maire confirme qu'il refuse de faire respecter une décision de justice alors qu'il détient les moyens matériels d'utiliser ses pouvoirs d'officier de police judiciaire. »
Pour la LDVR, l'intérêt de ces déclarations tient précisément à leur auteur : elles ne proviennent ni d'un opposant politique, ni d'un riverain, ni de la Ligue elle-même.Elles émanent du maire concerné par la procédure. La LDVR estime ainsi que celui qu'elle met en cause vient publiquement décrire une partie des faits et de la politique municipale qu'elle demande précisément au parquet d'examiner.
Le maire se trompe également sur l'auteur de la plainte
L'intervention du maire réserve un autre épisode plutôt savoureux. Patrice Bernard affirme dans l'article que la mairie aurait reçu plusieurs plaintes « par le biais de cette association des riverains du port ». Problème : la plainte dont il est actuellement question a été déposée par les douze associations fédérées constituant la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines, réseau national d'associations de défense des droits.
Par conséquent, le Maire de l'île d'Yeu ne s'est même pas donné La peine de vérifier son sujet. Il évoque une association sans même connaître son identité. Ce qui paraît profondément inquiétant pour la LDVR. Par ailleurs, l'organisation nationale affirme qu'il s'agit de sa première plainte déposée devant le parquet de La Roche-sur-Yon. L'organisation récuse donc formellement toute assimilation avec une association locale de riverains.
Un complément de plainte va être déposé
La conséquence judiciaire est déjà annoncée. L'article de presse et les déclarations du maire feront l'objet d'un complément à la plainte initiale. La LDVR annonce également que ses douze associations fédérées se constitueront parties civiles en cas de poursuites et qu'elle entend saisir plusieurs autorités nationales. « Lorsque le législateur fait voter des lois, ce n'est pas pour que les pouvoirs publics les contournent, même lorsqu'ils cherchent à glaner quelques points de popularité », assène la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines.
Le premier réseau national d'associations de défense des droits en France avait saisi la justice afin que soient examinées les responsabilités éventuelles des autorités publiques dans le dossier de l'hélistation. Quelques semaines plus tard, c'est désormais l'un des élus visés qui décrit publiquement son engagement personnel en faveur de la poursuite de l'activité contestée.
Pour la Ligue, le maire de L'Île-d'Yeu vient tout simplement de fournir au parquet une nouvelle pièce à charge par voie de presse.Les déclarations sont publiques.L'article est publié. Et il appartient désormais au procureur de la République de La Roche-sur-Yon d'en apprécier la portée pénale. Nous rappelons que tous les protagonistes de ce dossier demeurent présumés innocents
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La LDVR.

Commentaires
Enregistrer un commentaire