La République, la lumière protectrice de la France
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Dans un pays traversé par les fractures, la Ligue de défense des valeurs républicaines veut rappeler une évidence : la République française est d’abord une promesse. Celle d’un peuple qui, depuis les Lumières et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, a choisi de placer la liberté, l’égalité, la dignité humaine et la loi au-dessus de l’arbitraire. Une lumière ancienne, magnifique, mais jamais définitivement acquise. Treize associations fédérées ont aujourd’hui choisi de veiller sur elle.
Il y a des pays dont on dessine les frontières sur une carte. Et puis il y a la France. Un pays que l’on peut aussi raconter avec des idées. Liberté. Égalité. Fraternité. Trois mots sur le fronton d’une mairie. Trois mots au-dessus de la porte d’une école. Trois mots tellement familiers que l’on oublie parfois qu’ils racontent une aventure humaine extraordinaire. Car la France n’est pas devenue le pays des Lumières parce qu’elle aurait toujours été exemplaire. Elle l’est devenue parce que des femmes et des hommes ont refusé de considérer l’obscurité comme une fatalité.
Ils ont opposé la raison à l’arbitraire, la connaissance à l’ignorance, la liberté à la soumission. Puis, un jour d’août 1789, la France écrivit quelques mots destinés à traverser les siècles : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » La phrase n’a pas vieilli. Elle éclaire encore. Car la Constitution demeure la gardienne d'une promesse Deux siècles plus tard, la République possède une Constitution.
On pourrait n’y voir qu’un texte juridique. Ce serait oublier ce qu’elle protège. Derrière ses articles vivent nos libertés. Derrière ses principes se tient l’égalité. Derrière l’État de droit se trouve cette idée immense qu’aucune puissance ne devrait être suffisamment grande pour écraser un citoyen suffisamment petit. C’est peut-être là que commence la beauté de la République : lorsque celui qui n’a rien d’autre que son droit possède encore quelque chose de plus grand que la puissance de celui qui lui fait face.
La loi républicaine n’a pas vocation à demander un nom avant de protéger. Elle ne devrait regarder ni la couleur d’une peau, ni une origine, ni une fortune, ni une fonction, ni un quartier, ni un titre. Elle devrait simplement demander : « Quel est le droit ? » Et l’appliquer. C’est cela, la justesse lorsqu'on la couple avec la sagesse. C’est cela, la République.
Les lumières peuvent aussi vaciller Mais une République n’est jamais définitivement acquise. Une Constitution peut demeurer debout tandis que ses principes s’affaiblissent. Les valeurs ne disparaissent d’ailleurs pas toujours dans le fracas. Elles peuvent s’effacer doucement. Une injustice que l’on tolère. Une discrimination que l’on banalise. Une personne vulnérable que l’on n’entend plus. Une décision de justice que l’on ne respecte pas. Une règle que l’on exige des uns et que l’on oublie pour les autres. Un silence. Puis un autre.
C’est ainsi que la lumière vacille : non pas nécessairement lorsqu’on l’attaque, mais lorsque plus personne ne pense nécessaire de la protéger. C’est précisément contre cette résignation que la Ligue de défense des valeurs républicaines dit vouloir agir.
13 associations, une République, la défense existentielle des valeurs républicaines
Elles sont aujourd’hui treize associations réunies au sein d’un même réseau fédéré. Treize associations, implantées dans différentes régions de France, avec une conviction commune : les valeurs républicaines ne doivent jamais devenir de beaux mots que l’on prononce lors des cérémonies avant de les oublier lorsque vient le temps de les appliquer.
La Ligue de défense des valeurs républicaines a choisi une méthode particulière. Pas de manifestations. Pas d’argent public. Pas de subventions. Ses membres sont bénévoles et ses combats passent par les institutions de la République : le droit, les recours administratifs, les saisines et, lorsqu’elle l’estime nécessaire, la justice. Une manière de défendre la République en utilisant précisément les instruments que la République a construits pour se protéger elle-même.
Car derrière chaque procédure se trouve finalement la même question : sommes-nous encore capables de faire vivre les principes que nous avons inscrits au sommet de nos textes Aimer la France, c'est aussi être exigeant avec elle. Défendre la République ne consiste pas à prétendre que tout va bien. Ce serait même lui rendre un étrange hommage. Aimer un pays, c’est aussi refuser de le regarder s’éloigner de ce qu’il a promis d’être.
La France connaît ses fractures, ses colères, ses discriminations, ses renoncements et ses injustices. Mais elle possède quelque chose d’infiniment précieux : la capacité de se corriger par le droit. Ses institutions peuvent être saisies. Ses administrations peuvent être interrogées. Ses décisions peuvent être contestées. Ses responsables peuvent devoir répondre de leurs actes. Un citoyen peut se lever face à une puissance infiniment supérieure à la sienne et dire simplement : « La loi est aussi faite pour moi. »
Dans ces quelques mots tient peut-être toute la grandeur d’un État de droit. La sagesse comme force républicaine À une époque où le débat public semble parfois condamné au vacarme, la LDVR revendique également une autre valeur : la sagesse. Non pas celle qui commande de se taire. Celle qui commande d’être juste. Car la République ne peut pas être une succession de camps réclamant chacun la justice pour les leurs.
La justice républicaine commence précisément lorsque l’on accepte de défendre pour l’autre le droit que l’on réclamerait pour soi. La sagesse républicaine, c’est comprendre que nous pouvons être différents sans jamais être inégaux en dignité. C’est comprendre également que la fermeté et l’humanité ne sont pas ennemies. Que l’autorité n’interdit pas la justice. Que la puissance n’autorise jamais l’arbitraire. Et que derrière chaque dossier, chaque procédure, chaque article de loi, il y a presque toujours une histoire humaine.
La France reste un pays de lumière
Il serait facile, aujourd’hui, de raconter seulement une France qui doute. Ce serait oublier l’autre. Celle qui continue de croire. Celle des citoyens qui s’engagent, des bénévoles qui donnent leur temps, des magistrats qui rendent la justice, des fonctionnaires qui servent l’intérêt général, des femmes et des hommes qui refusent chaque jour qu’une injustice devienne simplement une habitude. Cette France existe. Elle est peut-être moins bruyante.
Mais elle est là. Et c’est elle qui permet encore de regarder la devise inscrite au fronton de nos institutions sans considérer qu’elle appartient seulement au passé. La France demeure l’un des plus beaux pays du monde lorsqu’elle se souvient de ce qu’elle porte. Le pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le pays d’une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Le pays qui a osé inscrire dans son histoire cette idée vertigineuse : les êtres humains naissent libres et égaux en droits.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines

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