Policiers empoisonnés à l'hôtel de police d'Amiens: la LDVR poursuit la hiérarchie
Policiers empoisonnés à l'hôtel de police d'Amiens: la LDVR poursuit la hiérarchie
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Ils étaient venus travailler dans un hôtel de police flambant neuf. Certains en sont ressortis avec des douleurs abdominales, des troubles digestifs et des examens médicaux à effectuer. À Amiens, l’affaire de l’eau du nouveau commissariat prend désormais une dimension judiciaire.
Le 7 septembre, la Ligue de défense des valeurs républicaines (LDVR) a déposé une plainte pénale après les graves dysfonctionnements qui ont affecté l’alimentation en eau du bâtiment, selon les articles de la journaliste Vanessa Abadie de "la dépêche du midi" des journalistes d'Axelle Labbé et François Sauvestre du media "Ici Picardie", des journalistes Marion Fiat et Max Ragazzi de " TF1 info" transmis dans le bordereau de pièces de la plainte du 07.09.2026 de la LDVR.
Derrière le problème sanitaire apparaît maintenant une question autrement plus dérangeante : combien de temps des policiers ont-ils bu cette eau avant que quelqu’un décide enfin d’en interdire la consommation ? Une eau trouble, jaunâtre et malodorante.Les faits décrits sont saisissants. Dans ce commissariat récemment mis en service, de l’eau provenant du dispositif de récupération des eaux pluviales a alimenté des robinets et des douches utilisés quotidiennement par les fonctionnaires.
Puis les symptômes sont apparus...
Une dizaine d’agents ont présenté des troubles de santé. L’un d'entre eux a souffert de douleurs abdominales suffisamment importantes pour nécessiter une consultation médicale et des analyses biologiques. Dans le même temps, l'eau présentait des signes difficilement rassurants : aspect inhabituel, coloration trouble ou jaunâtre, odeur anormale. Et pourtant, les fonctionnaires ont continué à travailler dans le bâtiment et à utiliser son réseau d'eau.
La consommation n'a été interdite qu'à la fin du mois d'août. Mais qui savait ? C'est là que le dossier devient explosif. Car la plainte ne porte pas simplement sur une canalisation défectueuse ou une erreur technique dans un bâtiment neuf. Elle pose une question beaucoup plus grave : des alertes ont-elles été connues avant l'interdiction de consommer l'eau ? La LDVR demande au parquet de reconstituer toute la chaîne de l'information, même si pour le moment tous les protagonistes du dossier demeurent présumés innocents.
Date de la première anomalie. Premier fonctionnaire ayant donné l'alerte. Identité de la personne prévenue. Courriels. Messages. Notes internes. Signalements syndicaux. Registres de santé et de sécurité. Réactions de la hiérarchie. Tout doit désormais être retrouvé. Car si des responsables ont été avertis d'un problème sanitaire et ont laissé des fonctionnaires continuer à boire l'eau ou à se doucher avec elle, on ne parle plus seulement d'une défaillance technique : la question d'éventuelles responsabilités pénales se pose.
Pour la Présidence
de la LDVR : Aucun fonctionnaire de police ne se lève le matin pour finir empoisonné
Pour Michael Bastien, le Président fédéral du premier réseau national des 13 associations de défense des droits en France, La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines « La police doit être protégée. Elle n’a pas vocation à être empoisonnée. Aucun policier ne se lève le matin pour finir intoxiqué en faisant son travail. Dans un État de droit, on protège sa police, on ne la livre pas à des locaux insalubres. Comment un hôtel de police construit à neuf peut-il en arriver là ?
À quel moment la hiérarchie s’est-elle inquiétée pour ces policiers ? Poursuit le patron de l'organisation fédéral scandalisé. "Nous voulons maintenant savoir qui savait, depuis quand et quelles décisions ont été prises" . Réencherit le Président de La LDVR Notre organisation n’acceptera jamais que ce type de situation puisse être banalisé en France. Notre République ne tolérera jamais cela, ni aujourd'hui, ni demain ! » prévient Michael Bastien rappelant que tous les protagonistes du dossier demeurent présumés innocents
Des analyses avaient déjà été réalisées en février
Un élément rend l'affaire encore plus sensible. Des analyses avaient été réalisées dès février 2026, plusieurs mois avant l'interdiction de consommation. Que disaient-elles ? Quels points d'eau avaient été contrôlés ? Quels paramètres avaient été recherchés ? Quels résultats avaient été obtenus ? Qui les avait reçus ? Et surtout : ces analyses concernaient-elles réellement l'eau qui arrivait jusqu'aux robinets et aux douches des policiers ?
La plainte demande que l'ensemble de ces résultats soit retrouvé car la chronologie s'avère essentielle. Parce qu'entre la découverte fortuite d'un problème immédiatement traité et la connaissance prolongée d'un risque auquel des fonctionnaires continuent d'être exposés, la différence judiciaire est considérable.
La hiérarchie policière dans le viseur de l'enquête demandée
La plainte vise notamment la personne exerçant les fonctions de chef de l'hôtel de police d'Amiens, la commissaire divisionnaire et directrice interdépartementale de la police nationale de la Somme (Ndr : nous préférons protéger le fonctionnaire par l'anonymat). Elle est également déposée contre X. Il ne s'agit pas, à ce stade, de déclarer coupable un responsable administratif ou policier. C'est précisément l'enquête qui devra déterminer les responsabilités.
Mais la LDVR veut savoir. Qui a été prévenu ?Quand ? Quelles instructions ont été données ? Qui pouvait fermer les points d'eau ? Qui pouvait fournir immédiatement de l'eau potable aux agents ? Et pourquoi l'interdiction n'est-elle intervenue qu'à la fin du mois d'août ? Négligence, blessures involontaires, mise en danger. Le dossier pénal est lourd. La plainte évoque notamment les fautes d'imprudence et de négligence, le manquement aux obligations de prudence ou de sécurité et les atteintes involontaires à l'intégrité physique.
La mise en danger d'autrui est également soumise à l'appréciation du parquet. Et les investigations demandées sont considérables : expertise des installations, analyses microbiologiques et chimiques, recherche d'agents pathogènes, identification des fonctionnaires malades, examens des éventuels arrêts de travail, récupération des échanges internes et reconstitution de toutes les décisions prises par la hiérarchie. Une trentaine d'actes d'investigation sont réclamés.
Des policiers à protéger dans leur propre commissariat. C'est probablement ce qui rend cette affaire si difficile à entendre. Un commissariat est précisément l'endroit où l'État exige de ses fonctionnaires qu'ils protègent la population. À Amiens, la justice doit maintenant déterminer si l'État a correctement protégé ses propres policiers lorsqu'ils ont simplement ouvert un robinet sur leur lieu de travail.
Le nouvel hôtel de police devait symboliser de meilleures conditions de travail. Quelques mois après son ouverture, ses canalisations ont dû être désinfectées, son eau interdite à la consommation et plusieurs de ses fonctionnaires ont présenté des troubles de santé. Désormais, la question n'est plus seulement de savoir ce qu'il y avait dans l'eau. La question est de savoir qui savait qu'il y avait un problème — et pourquoi les policiers ont continué à y être exposés.
La LDVR demandera la mutation de la directrice interdépartementale de la police
Après le dépôt de sa plainte pénale concernant la situation sanitaire du nouvel hôtel de police d’Amiens, la Ligue de défense des valeurs républicaines (LDVR) annonce qu’elle demandera au préfet et au ministère de l’Intérieur la mutation du commissaire divisionnaire et directrice interdépartementale de la police nationale de la Somme, fonction expressément mentionnée dans la plainte.
Cette demande ne préjuge pas des responsabilités que devra établir la justice. Tous les protagonistes du dossier demeurent présumés innocents. Pour la LDVR, elle doit permettre de rétablir l’apaisement au sein de l’hôtel de police et d’éviter que la procédure en cours n’alimente tensions, suspicions ou difficultés entre les fonctionnaires et leur hiérarchie. Mais parallèlement, la Ligue saisira l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France afin de demander une inspection sanitaire des locaux et des installations du commissariat.
Une démarche que le réseau avait déjà engagée en juillet 2026 concernant le commissariat de Menton. « La justice doit pouvoir travailler sereinement et les policiers doivent pouvoir parler librement. Dans un État de droit, protéger la police, c’est aussi garantir des locaux sains et une institution capable de regarder ses propres dysfonctionnements. » a asséné le Président fédéral.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La LDVR.

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