Robert Ménard n'est pas Jeanne d'Arc
Robert Ménard
n’est pas
" Jeanne d’Arc "
*************
Pas de duel. Pas de grand débat idéologique. Et surtout pas de martyr. Face à Robert Ménard, le président fédéral de la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines refuse le spectacle politique et lui oppose une règle autrement plus froide : un maire n'est pas propriétaire des lois de la République. Avec une parole désormais reconnaissable, Michael Bastien ne débat pas de la limite. Il la pose.
Robert Ménard voulait-il une bataille politique ? Il aura trouvé une plainte pénale et, face à lui, un président fédéral qui ne semble avoir aucune intention de lui offrir le duel qu'il réclame. Après les déclarations du maire de Béziers sur les mariages impliquant des personnes sous OQTF, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines a saisi la justice.
Et Michael Bastien a sorti l'artillerie lourde, comme à son habitude. Dans l'article (exceptionnellement bien rédigé et très professionnel) de l'excellente journaliste Manon Aublanc du journal Le Parisien, le président fédéral ne cherche ni l'apaisement, ni le compromis rhétorique, ni cette prudence cotonneuse dont les responsables associatifs enveloppent habituellement leurs indignations. Non, Bastien lui Il frappe ...et très fort !.
« Robert Ménard n’a pas à contaminer les institutions municipales ... »
En quelques mots, toute la dramaturgie est balayée. Robert Ménard peut s'entêter. Il peut revendiquer son refus. Il peut théâtraliser sa résistance et transformer chacune de ses confrontations judiciaires en épisode supplémentaire de son combat politique. Michael Bastien le Président fédéral du réseau national qui a fait sanctionner CNEWS en février dernier refuse de lui reconnaître le rôle.
Car pour le président fédéral du premier réseau national d'associations de, défense des droits en France, il n'existe précisément aucun combat héroïque lorsqu'un maire refuse d'appliquer une loi qu'il désapprouve. Il existe un élu. Il existe une fonction. Il existe une loi. Il existe une limite. La République n'est pas un menu. C'est probablement ce qui rend la parole de Michael Bastien aussi brutale dans cette affaire.
D'ailleurs, le producteur réalisateur scénariste et aujourd'hui patron d'organisation, ne répond pas véritablement aux propos de Robert Ménard. Il les déclare sans pertinence dès lors qu'elles prétendent gouverner l'exercice d'une fonction publique en dehors du cadre légal. Qu'un responsable politique réclame une autre politique migratoire relève du débat démocratique. Qu'il milite pour changer la loi relève de son droit le plus élémentaire.
Mais lorsqu'il agit comme maire, la République ne lui présente pas une carte dans laquelle il pourrait sélectionner les lois compatibles avec ses convictions et laisser les autres en cuisine. Michael Bastien le formule sans précaution : « Lorsque l’on est incapable de faire respecter les lois de la République sur le territoire que l’on est censé administrer, on se tait et on démissionne. »
Voilà la ligne. Elle est autoritaire. Elle est volontairement sèche. Et elle ne cherche absolument pas à séduire Robert Ménard ou ses électeurs. Car le président fédéral refuse précisément de transformer la République en protagoniste d'un match politique contre le populisme. La République n'est pas un camp. Elle est le cadre dans lequel les camps s'affrontent.
Pas de République spéciale à Béziers
C'est ici que le discours de Michael Bastien devient autrement plus intéressant qu'une succession de formules assassines. Derrière la sévérité du vocabulaire apparaît une conception claire et verticale de la fonction publique : aucun élu local ne dispose d'un droit de sécession juridique. Il n'existe pas une République française et, à l'intérieur de celle-ci, une petite République de Béziers dans laquelle le maire déterminerait souverainement quelles dispositions nationales méritent encore d'être appliquées. C'est précisément cette frontière que la LDVR entend défendre.
Et son président fédéral n'y met aucune dentelle. Il accuse Robert Ménard de vouloir « contaminer les institutions municipales par ses idées d’extrême droite » et qualifie celles-ci de « stériles » et « humiliantes pour la France ». Puis vient cette expression qui achève de sortir du langage associatif traditionnel : « figure majeure du populisme rural ». Tout y est.
Le mépris assumé pour la mise en scène populiste, le refus de sacraliser son adversaire et, surtout, cette volonté constante de replacer au-dessus des hommes une institution qui n'a pas à négocier son existence avec ceux qui l'administrent. Michael Bastien, Président fédéral de la LDVR ne négocie pas la frontière Depuis cette affaire, une parole présidentielle se dessine de plus en plus nettement autour de la LDVR.
Elle n'est ni diplomatique, ni précautionneuse, ni particulièrement soucieuse des convenances politiques. Elle est reconnaissable, verticale, sévère, intransigeante et profondément républicaine. Michael Bastien parle comme quelqu'un qui considère que certaines discussions n'ont tout simplement pas lieu d'être. On peut discuter de la politique migratoire française. On peut discuter des OQTF.
On peut vouloir modifier la législation. On peut combattre une majorité, un gouvernement ou une loi. Mais on ne discute pas du principe selon lequel un détenteur de l'autorité publique demeure soumis à la loi. À cet endroit précis, le président fédéral ferme la porte. Et c'est probablement ce qui distingue le plus fortement sa communication de celle de nombreuses organisations militantes. Il ne demande pas à Robert Ménard de devenir républicain selon la définition de la LDVR. l lui rappelle que sa fonction l'oblige.
Michael Bastien n'a pas voulu devenir l'adversaire de Robert Ménard dans un énième combat médiatique opposant deux visions de la société française. Il lui refuse même ce privilège. À la bataille des convictions, le président fédéral substitue une hiérarchie : les opinions en bas, la République très très au-dessus.
C'est pourquoi son « Robert Ménard n'est pas Jeanne d'Arc » est plus qu'un bon mot. C'est une manière de retirer au maire de Béziers le costume du martyr avant même que celui-ci puisse l'enfiler. Vous n'êtes pas persécuté parce que la République exige de vous le respect de ses lois. Vous êtes maire. Faites votre travail. Et si vous estimez vos convictions incompatibles avec les obligations attachées à cette fonction, Michael Bastien a déjà donné la solution : « On se tait et on démissionne. »
Convoquer Macron comme témoin: une tentative de diversion douteuse
Vouloir convoquer Emmanuel Macron dans le débat, jusqu’à prétendre vouloir le faire témoigner à son procès, relève d’une diversion assez pathétique pour éviter l’essentiel : se soumettre à ses obligations républicaines. La mécanique est connue : lorsqu’on peine à répondre sur le terrain judiciaire, on tente de déplacer l’affrontement sur le terrain politique. Manœuvre facile, éculée et, surtout, sans aucun intérêt juridique.
Robert Ménard sait parfaitement que le président de la République ne viendra pas arbitrer son procès. Prendre les Français à partie et chercher à les diviser sur une question que le législateur a déjà tranchée ne changera rien : le 30 septembre, ce n’est pas devant l’opinion publique que Robert Ménard devra répondre de ses actes, mais devant la justice française.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines


Commentaires
Enregistrer un commentaire