Tour Eiffel : la LDVR dépose plainte après la mise à l’écart des femmes salariées
Tour Eiffel : la LDVR dépose plainte après la mise à l’écart des femmes salariées
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Comme on pouvait s'en doutait, La Ligue de défense des valeurs républicaines et ses treize fédérations territoriales ont déposé plainte ce mercredi 9 septembre contre la Société d’exploitation de la Tour Eiffel. En cause : la mise à l’écart présumée de plusieurs salariées lors d’une visite organisée au monument.
La LDVR refuse toute polémique religieuse ou culturelle et concentre ses accusations sur l’exploitant : « Nous ne demandons de comptes à aucune religion. Nous demandons des comptes à un employeur, in fine c'est lui le responsable du fonctionnement de notre monument national. Imaginez l'image que ça donne de notre merveilleux pays !
L’affaire de la Tour Eiffel est désormais entre les mains de la justice
La Ligue de défense des valeurs républicaines, au nom de ses treize fédérations territoriales, a déposé plainte ce mercredi 9 septembre auprès du parquet de Paris contre la Société d’exploitation de la Tour Eiffel, la SETE, et contre toute personne dont l’enquête pourrait établir la responsabilité.
La procédure intervient après les révélations publiées dans la presse sur les conditions d’accueil d’une délégation le 5 septembre dernier. Plusieurs salariées auraient été écartées de certaines fonctions, déplacées ou remplacées par des hommes.
Deux articles figurent directement parmi les pièces de la plainte. Le premier, publié par Le Progrès le 7 septembre sous le titre « Personnel féminin “mis de côté” : les salariés de la Tour Eiffel en grève après un scandale sexiste ».
Le second, signé par Cyril Brioulet dans La Dépêche du Midi le 8 septembre, est intitulé « Polémique à la Tour Eiffel : un mouvement religieux hindou demande de cacher le personnel féminin, une grève éclate, les visiteurs s’excusent ». Ces publications sont expressément annexées au dossier transmises au parquet. Conformément aux obligations protocolaires du réseau national LDVR
Pour la LDVR, la polémique ne doit pourtant pas se tromper de cible. L'organisation ne met en cause ni la religion, ni la culture, ni les convictions de la délégation accueillie, d'ailleurs aucune preuve pour le moment ne va dans ce sens Elle vise ceux qui avaient la responsabilité des salariées et de l’organisation de leur travail.
« Nous ne demandons de comptes à aucune religion. Nous demandons des comptes à un employeur », tranche Michael Bastien, président fédéral de la Ligue de défense des valeurs républicaines.
La position du réseau est simple : peu importe les circonstances de la visite, l’exploitant demeurait responsable de ses propres décisions. « ce sont les organisateurs qui organisent qui ont organisés l'exclusion des femmes, pas les.visiteurs ! Alors n'accusont pas une communauté sans preuve ». Que l'exploitant se retienne, même s'il demeure présumé innocent.
La formule est sévère, mais la LDVR assume pleinement le rapport de force « les exploitants ont-ils organisé des visites sans personne à la peau noire, sans personne juive, ou sans personne d'origine nord-africaine, puisque visiblement ils auraient été capable d'en effectuer une sans les femmes ? » s'interroge légitimement la Présidence fédérale du premier réseau national d'associations de défense des droits en France.
Pour le réseau, une entreprise peut organiser une visite, modifier un parcours ou adapter des conditions d’accueil. Elle ne peut pas, en revanche, considérer ses salariées comme un élément gênant qu’il suffirait de déplacer. La plainte demande précisément que soit reconstituée toute la chaîne de décision :
origine des consignes, personnes les ayant transmises, validées, autorisées ou exécutées, ainsi que l’identité des responsables hiérarchiques concernés. Elle demande également de déterminer si les mesures prises à l’égard des salariées résultaient d’une demande extérieure, d’une décision interne ou d’une anticipation de la part de responsables de la SETE
C'est l'image de la France qu'on abime à travers ce scandale
Au-delà de la situation des salariées directement concernées, cette affaire porte une atteinte beaucoup plus large à l’image que la France donne d’elle-même. La Tour Eiffel n’est pas un établissement comme un autre. Elle est l’un des monuments les plus connus au monde, une vitrine de Paris et, bien au-delà, l’un des symboles universels de la République française.
Ce qui s’y déroule possède nécessairement une résonance particulière. Lorsqu’au sein d’un tel monument des femmes auraient été écartées, déplacées ou remplacées par des hommes en raison de leur sexe, il ne s’agit plus seulement d’une question d’organisation interne : c’est l’image même de nos principes républicains qui se trouve fragilisée.
Pour le Président fédéral de la Ligue de défense des valeurs républicaines, « à travers ce scandale, c’est aussi l’image de la France que l’on abîme. La Tour Eiffel est une vitrine de notre pays : l’égalité entre les femmes et les hommes doit aussi en être une. On ne peut pas proclamer l’égalité comme une valeur fondamentale de la République et accepter qu’au sein de l’un de ses symboles les plus puissants, des femmes puissent être reléguées au second plan. »
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Pour la LDVR et ses treize fédérations territoriales, c’est précisément à l’exploitant d’un monument d’une telle importance qu’il appartient de faire vivre ces principes, quelles que soient les circonstances, et non de permettre qu’ils deviennent une variable d’ajustement.
Quels risques pour l'exploitant de la Tour Eiffel ?
Les risques pénaux ne sont pas symboliques.
Si les faits dénoncés venaient à recevoir une qualification pénale de discrimination dans les conditions prévues par le Code pénal, les personnes physiques reconnues responsables pourraient encourir jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
La personne morale, si sa responsabilité était retenue, pourrait quant à elle encourir une amende pouvant atteindre 225 000 euros, le plafond applicable aux personnes morales étant en principe égal au quintuple de celui prévu pour les personnes physiques.
À cela peut s’ajouter, sur le terrain spécifique de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende pour la méconnaissance des dispositions correspondantes du Code du travail, ainsi que la possibilité pour le tribunal d’ordonner l’affichage ou la publication du jugement. C’est par conséquent toute la chaîne de décision ; ceux qui auraient décidé, validé, transmis ou exécuté les consignes ; que l’enquête devra précisément établir.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines


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