Et si votre immeuble s'ecroulait sur vous pendant votre sommeil ?
Et si votre immeuble s'écroulait sur vous pendant votre sommeil ? Après la rue d’Aubagne, l’habitat indigne reste une plaie ouverte.
Huit ans après l’effondrement mortel des immeubles de la rue d’Aubagne, Marseille n’en a pas fini avec l’habitat indigne. Le drame du 5 novembre 2018, qui avait coûté la vie à huit personnes dans le quartier populaire de Noailles, continue de hanter la ville, ses élus, ses habitants et sa justice.
Mais l’actualité récente montre surtout que la question a changé d’échelle : elle n’est plus seulement celle d’une catastrophe passée, elle est devenue celle d’un système immobilier, social et judiciaire toujours sous tension.
Le fait nouveau le plus significatif n’est pas une nouvelle révélation sur la rue d’Aubagne elle-même, mais un procès emblématique de la lutte contre l’habitat indigne à Marseille.
Le 4 mai 2026, le parquet a requis quatre ans de prison, dont trois avec sursis, contre David Bertin, investisseur immobilier de 42 ans, propriétaire d’une trentaine d’appartements.
Il est notamment reproché à ce propriétaire d’avoir loué des logements frappés de péril. L’affaire est présentée comme emblématique de la politique pénale engagée à Marseille après le drame de la rue d’Aubagne.
Ce procès est important parce qu’il donne corps à une idée désormais centrale : après la rue d’Aubagne, les pouvoirs publics ne peuvent plus prétendre ne pas voir.
La justice marseillaise cherche à démontrer que l’habitat indigne n’est pas une fatalité urbaine, mais parfois le résultat de choix économiques, de négligences, d’alertes ignorées et de logements maintenus sur le marché malgré leur dangerosité.
La rue d’Aubagne reste le point de bascule. Le procès principal, jugé en première instance, a abouti en juillet 2025 à la condamnation de dix des seize prévenus, avec des peines visant notamment des copropriétaires, le syndic, un expert et l’ancien adjoint municipal Julien Ruas.
Le parquet, des prévenus et des parties civiles ont fait appel ; le procès en appel doit se tenir à Marseille du 2 novembre au 19 décembre 2026.
Un autre front demeure ouvert : celui des indemnisations et de la responsabilité civile. Marsactu indique que le volet concernant la faute civile de Marseille Habitat a été renvoyé en 2027.
C’est un point très sensible, car Marseille Habitat était propriétaire du 63 rue d’Aubagne, immeuble voisin du 65, où les huit victimes ont été ensevelies.
La polémique de fond est donc claire : Marseille a-t-elle réellement tourné la page de l’habitat indigne, ou a-t-elle seulement transformé le drame de la rue d’Aubagne en symbole judiciaire, sans régler toute la réalité sociale derrière ?
Un reportage de TF1 Info publié en janvier 2026 montrait encore des situations très dégradées, notamment dans la résidence Bel Ombre, dans le 11ᵉ arrondissement, où des habitants vivent dans une copropriété privée en très grande difficulté, avec des ascenseurs hors service et des personnes âgées isolées chez elles.
Le sujet s’est aussi invité dans la campagne municipale marseillaise. Marsactu relevait dès janvier 2026 que les questions de précarité et de logement revenaient dans le débat électoral.
À Marseille, l’habitat indigne n’est plus seulement un dossier technique : c’est un marqueur politique, presque moral, de la capacité d’une ville à protéger ses habitants les plus vulnérables.
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est le décalage entre la puissance symbolique de la rue d’Aubagne et la lenteur des réponses concrètes.
Des procès ont eu lieu, des condamnations ont été prononcées, des enquêtes ont été ouvertes, mais selon La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines du Sud - Côte d'Azur située rue Roger Salengro à Marseille, la situation perdure...
Les habitants de plusieurs quartiers continuent de vivre avec des immeubles dégradés, des copropriétés en faillite, des procédures interminables et la peur que le prochain drame ne soit jamais totalement impossible.
Marseille ne vit pas une nouvelle “affaire rue d’Aubagne” cette semaine. Elle vit quelque chose de plus profond : la confirmation que la rue d’Aubagne n’était pas un accident isolé, mais le révélateur d’un mal-logement structurel.
Comment ne pas penser à Mahasti Razavi, patronne multimillionnaire du cabinet d'avocats August Debouzy à Paris ; qui a fourni pendant 7 ans un logement insalubre et dangereux pour l'occupant de 7 mètres carrés à une personne handicapée.
Dans ce dossier traité par le siège fédéral de la LDVR, nous retrouvons ce type de situation où même les instances ordinales préfèrent tourner la tête, dans une situation contenant plusieurs similarités liées à l'indignité.
Et chaque nouveau procès de propriétaire indélicat, chaque immeuble frappé de péril, chaque copropriété abandonnée rouvre la même question : combien d’alertes faudra-t-il encore avant que l’habitat indigne cesse d’être traité après coup ?
Le mépris de nos valeurs républicaines tue ! Ne l'oubliez jamais...
Constance Bourgeois, Rédactrice en chef de La LDVR

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