Si vous continuez à appeler pour la disparition de votre fille, nous déposerons une main courante, dit le gendarme !

Affaire Lyhanna : le traitement des plaintes a t il était un exemple français ? 


La disparition puis la mort présumée de la jeune Lyhanna, 11 ans, dans le Gers, ne soulèvent plus seulement des interrogations sur les circonstances du drame. 

Depuis plusieurs jours, une autre question s'impose dans le débat public : les services chargés d'enquêter sur les plaintes visant le principal suspect ont-ils agi avec la diligence requise ?

Au cœur des interrogations figure une plainte pour viols sur mineure déposée le 22 août 2025. Selon les éléments communiqués par les autorités judiciaires, 

cette procédure était toujours en cours plusieurs mois plus tard et le suspect n'aurait pas encore été entendu dans ce cadre au moment de la disparition de Lyhanna. 

Cette situation a provoqué une vive émotion jusque dans les rangs de la représentation nationale. 

À l'Assemblée, plusieurs élus se sont interrogés sur les délais observés dans le traitement du dossier et sur la succession des étapes procédurales ayant conduit à ce qu'une enquête ouverte depuis près de neuf mois demeure inachevée. 

Face à ces interrogations, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et le garde des Sceaux Gérald Darmanin ont annoncé l'ouverture d'une enquête administrative confiée conjointement à l'Inspection générale de la justice, mais pas seulement. 

l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) aurait également été saisie . 

L'objectif affiché est d'identifier d'éventuels dysfonctionnements dans le traitement de cette plainte antérieure. 

Pour l'heure, aucun manquement de la gendarmerie n'a été officiellement établi. Toutefois, plusieurs éléments alimentent les soupçons.

Le temps écoulé entre le dépôt de la plainte et les actes d'enquête réalisés, les transferts successifs de compétence entre juridictions ainsi que les déclarations de la mère de la plaignante, 

qui affirme avoir sollicité à plusieurs reprises des informations sur l'avancement de la procédure sans obtenir de réponse sauf la phrase suivante : " Si vous continuez à appeler pour la disparition de votre fille, nous déposerons une main courante !"

L'enquête administrative devra désormais déterminer si ces délais résultent d'une simple accumulation de contraintes procédurales et de transferts de dossiers 

ou plus graves, s'ils révèlent des défaillances plus profondes dans le suivi de certaines plaintes impliquant des mineurs. 

Au-delà du seul dossier Lyhanna, cette affaire relance un débat récurrent sur la capacité de la justice et des services d'enquête à traiter rapidement les signalements les plus sensibles.

Plusieurs responsables politiques ont déjà évoqué des « dysfonctionnements » potentiels, tandis que d'autres mettent en avant l'engorgement chronique des juridictions et le manque de moyens humains. 

Selon la corporation, le parti politique, l'ambition électorale, ou les intérêts des responsables politiques et administratifs de l'état français, la perception et les causes du dysfonctionnement interrogé, diffèrent. 

Les conclusions de l'IGGN et de l'IGJ seront donc particulièrement attendues. Elles devront répondre à une question devenue centrale : si les informations disponibles étaient suffisantes pour justifier des investigations plus rapides,

Mais avant tout et surtout, pourquoi le dossier n'a-t-il pas progressé davantage avant le drame ? D'autant que l'on parle pas de plainte pour des vols de bonbons mais pour atteinte sexuelle sur mineure. 

Combien de drames comme celui-ci pour protéger les enfants de la République ? 



Constance Bourgeois, Rédactrice en chef de La LDVR 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Mahasti Razavi, la patronne de l'ancien premier ministre Bernard Cazeneuve accusée de cruauté

Haine ordinaire, indignité publique : quand le racisme s’abat sur un nouveau-né

Quand la LDVR faisait face au refus de son inscription à la MVAC Paris 8