LA LDVR DÉPOSE PLAINTE POUR TENTATIVE D’HOMICIDE VOLONTAIRE CONTRE LE POLICIER DE TOURS ET ÉLU D'EXTRÊME DROITE
LA LDVR DÉPOSE PLAINTE
POUR TENTATIVE D’HOMICIDE VOLONTAIRE
CONTRE LE POLICIER DE TOURS ET ÉLU D'EXTRÊME DROITE
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Évidemment que tous les membres cités dans cet article sont présumés innocents, toutefois ça va mieux en le rappelant.
Un véhicule de police qui prend en chasse une moto. Un jeune homme écrasé contre du béton selon des témoins. Des blocs descellés par la violence du choc. Aucune trace apparente de freinage relevée sur place. Et, au volant, un policier également conseiller municipal du principal parti d'extrême droite de France et d'Europe, le Rassemblement national. Pour les 13 associations fédérées réparties sur l'ensemble des 13 plus grandes villes françaises, La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines, il est désormais hors de question de traiter cette affaire comme un banal accident de circulation.
La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR) saisit ce 24 septembre 2026 la procureure de la République de Tours et demande que la justice examine une qualification autrement plus grave que celle d'un simple accident : la tentative d’homicide volontaire par un individu d'extrême droite. La première organisation nationale associative de défense des droits demande également que soient recherchées les qualifications de violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l’autorité publique, de violences avec usage d’une arme par destination, de mise en danger délibérée de la vie d’autrui, ainsi que l’existence éventuelle d’un mobile discriminatoire.
La LDVR ne condamne personne à la place d’un tribunal
La présomption d'innocence d'abord
La LDVR ne condamne personne à la place du tribunal, pour elle la présomption d'innocence d'abord. Mais elle refuse qu’une question aussi grave soit évacuée avant même d’avoir été posée : le 19 septembre 2026, à Saint-Pierre-des-Corps, un policier a-t-il perdu le contrôle de son véhicule — ou a-t-il volontairement utilisé ce véhicule contre un jeune homme à moto ? Et si la manœuvre était volontaire, jusqu’où allait cette volonté quand on connaît le rapport de l'inspection générale de la police nationale qui déplore la hausse du "manque de probité" jusqu' à 50% dans la corporation policière.
FRACASSER UN JEUNE HOMME CONTRE DU BÉTON
Les mots ne viennent pas de la LDVR. Ils viennent des témoins interrogés par Le Monde. Selon eux, le Citroën Berlingo de police a pris en chasse une moto de 125 cm³ avant que son conducteur de 19 ans ne soit écrasé contre des glissières en béton. Après l’impact, la moto se trouvait sous le train avant du véhicule de police. Un commerçant présent à quelques mètres décrit une blessure effroyable à la jambe du jeune homme. D’autres témoins affirment qu’après le choc, les trois policiers sont sortis du véhicule alors que le motard gisait au sol.
Et la violence du choc parle elle aussi. Selon les constatations rapportées par Le Monde, la collision a été suffisamment puissante pour desceller et renverser les blocs de protection en béton. Toutes les personnes citées demeurent présumées innocentes, mais les airbags du véhicule de police se sont déclenchés. Un élu arrivé sur les lieux s’est étonné de l’absence apparente de traces de freinage. Ce ne sont plus ici des considérations abstraites. Ce sont des éléments matériels qui devront être confrontés à l’expertise.
« J’AI PLUS DE FREINS »
Mais bien sûr...
Plusieurs témoins affirment que le conducteur policier aurait répété après le choc qu’il n’avait « plus de freins ». Très bien. Alors la justice doit vérifier les freins. Et c’est précisément ce qu’a ordonné la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard : expertise du véhicule de police et du deux-roues, notamment de leur système de freinage. Mais cette expertise pourrait devenir l’un des moments décisifs du dossier.Si une défaillance mécanique majeure est démontrée, elle devra naturellement être prise en compte. Mais si les freins fonctionnaient ?
Évidemment, toutes les personnes citées demeurent présumées innocentes, mais si les expertises établissent qu’il était matériellement possible de ralentir, de dévier la trajectoire ou d’éviter le motard ? Alors une question beaucoup plus grave devra être posée : pourquoi le véhicule n’a-t-il pas évité le choc ? La plainte de la LDVR demande précisément l’exploitation de la vitesse, de la trajectoire, de l’accélération, du freinage, des possibilités d’évitement, des données électroniques du véhicule, des communications radio, des vidéos, des caméras-piétons et des témoignages.
AU VOLANT : UN POLICIER, MAIS SURTOUT UN ÉLU D'EXTRÊME DROITE
Voilà l’autre fait que la LDVR refuse de considérer comme inexistant. Le conducteur du véhicule de police est également conseiller municipal à Coussay-les-Bois, dans la Vienne. Il s’agit de Pierre Audiguet, dont la candidature municipale comme tête de liste avait été soutenue par le Rassemblement national et dont l’appartenance au parti a été confirmée par la responsable départementale du RN. Un engagement politique ne disparaît pas par magie lorsqu’un homme enfile un uniforme de police. Par conséquent, la question que posée par la LDVR est donc celle que toute démocratie devrait pouvoir poser lorsqu’une personne cumule pouvoir coercitif de l’État et engagement partisan affirmé : cet engagement est-il resté totalement étranger à son comportement dans ce dossier ?
Le rassemblement national est classé à l'extrême droite. L’expression n’est pas une injure inventée par le premier réseau national d'associations de défense des droits, La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines. Le ministère de l’Intérieur classe le Rassemblement national dans le bloc de clivage « extrême droite ». Le RN a attaqué cette classification devant le Conseil d’État. Mais, Le 11 mars 2024, la juridiction a rejeté son recours et jugé que le rattachement de la nuance RN au bloc « extrême droite » n’était entaché d’aucune erreur manifeste d’appréciation. Ce point demeure factuellement et par conséquent institutionnellement établi.
Et il prend une dimension particulière lorsqu’on ne parle plus seulement d’un militant politique participant à une campagne électorale, mais d’un fonctionnaire disposant quotidiennement de pouvoirs de police : poursuivre, contrôler, interpeller, contraindre et, dans certaines circonstances, employer la force. l'Assemblée nationale a elle-même documenté les porosités avec l'ultra-droite, Dès lors, Il ne s’agit pas là non plus d’une invention de la LDVR. En 2019, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite consacrait la première partie de son rapport à un constat sans ambiguïté : Les groupuscules d’extrême droite représentent une menace réelle à la République qu’il ne faut pas sous-estimer.
Le rapport identifiait trois risques : terrorisme, violences et atteintes à la paix sociale. Plus remarquable encore : le même rapport comportait un chapitre spécialement intitulé « Des liens avec le Rassemblement national ». Après les auditions menées par la commission, le rapport affirme que des groupuscules d’extrême droite ont bien entretenu des liens avec le RN et explique que, malgré la stratégie de « dédiabolisation », des militants radicaux ont continué à graviter autour du parti, notamment dans certaines prestations de communication, de logistique ou de sécurité.
Cela ne signifie pas qu’un conseiller municipal RN serait un militant d’ultradroite. Cela signifie quelque chose de beaucoup plus précis : les institutions françaises elles-mêmes ont estimé suffisamment sérieuse la question des circulations entre extrême droite électorale et mouvances radicales pour y consacrer une commission d’enquête parlementaire. La justice peut difficilement considérer ce contexte comme conceptuellement inexistant lorsqu’elle doit déterminer si les convictions personnelles d’un fonctionnaire ont pu ou non contaminer l’exercice de ses pouvoirs.
QUAND UNE OPINION POLITIQUE RENCONTRE UN POUVOIR DE POLICE
Si toutes les personnes citées demeurent présumées innocentes, c’est là que se trouve le véritable enjeu posé par la plainte. Un citoyen peut voter RN. Un conseiller municipal peut défendre les idées du RN. Un fonctionnaire de police possède lui aussi des opinions politiques. Mais à partir du moment où il exerce la force légitime de l’État, une frontière devient absolue : la matraque n’a pas d’opinion politique. Le LBD n’a pas d’opinion politique Le véhicule de police n’a pas d’opinion politique. La puissance publique n’a pas d’opinion politique.
Elle agit au nom de la République et exclusivement dans le cadre de la loi. C’est pourquoi la LDVR demande que soient examinés les communications radio, les propos prononcés avant et après l’impact, les images disponibles, les consignes reçues et tout élément permettant de déterminer si une considération idéologique ou discriminatoire a pu jouer un rôle — ou, au contraire, de l’exclure définitivement. La question n’est pas : « Un élu RN est-il nécessairement dangereux ? » La réponse serait évidemment beaucoup plus contrasté. La question est : « Lorsqu’un policier engagé au sein d’un parti classé à l’extrême droite est impliqué dans une collision aussi violente avec un jeune homme dans un quartier populaire, la justice doit-elle vérifier que son engagement politique n’a eu absolument aucune influence sur son comportement ? » Pour la LDVR, la réponse est évidente : un immense oui.
Pour le Président fédéral du premier réseau national d'associations de défense des droits, ce dossier est bien plus inquiétant. « Vous savez, les Français ne sont pas idiots. Ils savent très bien ce qui se passe lorsqu’un gamin de 18 ou 19 ans, sur une moto, prend peur, panique quand il fuit un contrôle de police. Tous les policiers savent aussi, soyez pas dupes, ils savent parfaitement comment risque de se finir lorsque l'on pourchasse un gamin paniqué en moto.
Si toutes les personnes citées demeurent présumées innocentes, tout le monde sait que le fuyard immature et inconscient va davantage, accélérer, brûler un feu, rater un virage, percuter un obstacle, finir paralysé ou mourir sur le bitume. Le Président de la LDVR rappelle que plusieurs communes comme celle de Crosne dans l'Essonne ne s'abandonne pas à ses méthodes. Pourtant la ville de Crosne a éradiqué la délinquance. Oui Vous avez bien lu, la ville de Crosne a éradiqué depuis bien longtemps toute forme de délinquance.
Ce résultat est dû à Michael Damiati.
Un Maire hors pair, volontaire et dévoué qui a mis à la tête de sa police municipale, un chef qui a refusé ces pratiques relatives que la LDVR juge "mortelles". En effet dans cette commune de près de dix milles habitants, on ne pourchasse pas les individus en motos. On enquête et on respecte les protocoles dédiés. Résultat : aucun événement de ce type. Mais pour Michael Bastien une seule question demeure “ Quand on poursuit un gamin paniqué sur une moto, à quel moment on ignore que tout cela va forcément très mal finir ? Alors qu'objectivement la police démontre tous les jours qu'elle n'a pas son pareil quand il s'agit de débusquer qui que ce soit en France. Toutes les personnes citées demeurent présumées innocentes
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines.




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