La LDVR saisit le Parquet national financier contre le député RN José Beaurain

 La LDVR saisit le Parquet national financier contre le député RN
José Beaurain

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Si toutes les personnes citées demeurent présumées innocentes, il fallait bien s'y attendre... Le premier réseau national de treize associations de la Ligue de défense des valeurs républicaines saisit le Parquet national financier après les révélations mettant en cause le député RN de l’Aisne José Beaurain dans l’utilisation de fonds de l’Assemblée nationale. La procédure vise notamment de possibles faits de détournement de fonds publics.


La Ligue de défense des valeurs républicaines (LDVR), réseau national composé de treize associations fédérées, engage une procédure auprès du Parquet national financier concernant le député Rassemblement national José Beaurain, élu de la 4e circonscription de l’Aisne tout en rappelant que ce dernier est éligible à la présomption d'innocence.


Cette saisine intervient après plusieurs révélations de presse mettant en cause les pratiques financières du parlementaire. En effet, le 4 septembre 2026, Mediapart révélait que plusieurs anciens collaborateurs de José Beaurain l’accusaient de s’être enrichi sur des fonds provenant de l’Assemblée nationale. Le député conteste ces accusations et a annoncé une plainte en diffamation.


Des primes de collaborateurs qui auraient été partiellement récupérées


Au cœur des accusations figurent notamment des primes versées à des collaborateurs parlementaires. Selon les éléments rapportés par Mediapart et Ouest-France, tous deux cités dans le bordereau de pièces de la plainte devant le PNF de la LDVR et les témoignages d’anciens collaborateurs, une partie de ces primes aurait ensuite dû être restituée, notamment en espèces.


Si un tel mécanisme était confirmé par une enquête judiciaire, la question posée serait celle de la destination réelle de crédits publics initialement affectés à la rémunération des collaborateurs du député. D’autres accusations concernent également l’utilisation de frais liés au mandat parlementaire à des fins présentées comme personnelles, ainsi qu’un possible mécanisme ayant permis à un proche du député de bénéficier indirectement de crédits destinés aux collaborateurs.


Pour la LDVR, la pluralité des mécanismes allégués justifie que la justice financière puisse désormais vérifier les flux, les contrats, les justificatifs de dépenses et les éventuelles rétrocessions car pour le premier réseau national d'associations de défense des droits en France, le détournement de fonds publics demeure au centre de la procédure. Celle-ci vise principalement la qualification de détournement de fonds publics, prévue par l’article 432-15 du Code pénal.


Cet article réprime notamment le fait, pour une personne exerçant une fonction publique, de détourner ou soustraire des fonds qui lui ont été remis en raison de ses fonctions. L’infraction est punie de dix ans d’emprisonnement et d’un million d’euros d’amende, montant pouvant être porté au double du produit de l’infraction.


Les 13 associations fédérées réparties sur l'ensemble du territoire français demandent également que soient examinées, selon les résultats des investigations, d’autres qualifications susceptibles de concerner les éventuels bénéficiaires ou intermédiaires des opérations dénoncées, notamment la complicité et le recel de détournement de fonds publics. L’objectif est notamment de déterminer si les crédits parlementaires ont effectivement été utilisés conformément à leur destination ou si une partie d’entre eux a pu bénéficier directement ou indirectement à des intérêts privés.


La LDVR demande l’examen des comptes et des mouvements financiers


Dans sa saisine, la LDVR demande notamment que puissent être examinés les contrats et rémunérations des collaborateurs concernés, les primes versées, les justificatifs de frais liés au mandat ainsi que les éventuels retraits, virements ou reversements susceptibles de correspondre aux faits dénoncés. Elle souhaite également que les anciens collaborateurs à l’origine des accusations puissent être entendus et que soit identifié, le cas échéant, le bénéficiaire final des sommes litigieuses.


Le choix du Parquet national financier s’explique par la nature même des faits dénoncés.


L’article 705 du Code de procédure pénale prévoit en effet une compétence concurrente du procureur de la République financier pour plusieurs infractions portant atteinte à la probité publique, parmi lesquelles celles prévues aux articles 432-10 à 432-15 du Code pénal, lorsque l’affaire présente ou paraît présenter une grande complexité. Or, la démarche n’est pas portée par une association isolée mais par l’ensemble du réseau de la Ligue de défense des valeurs républicaines, composé de treize associations fédérées.


La LDVR entend ainsi inscrire cette procédure dans son activité nationale de contrôle du respect des principes de probité, de légalité et de bonne utilisation des fonds publics. Pour l’organisation, la question dépasse donc le seul cas personnel du député de l’Aisne : lorsqu’un parlementaire dispose de crédits issus du budget de l’Assemblée nationale, leur utilisation relève directement de la confiance accordée aux institutions représentatives.


Quand plusieurs anciens collaborateurs décrivent des rétrocessions de primes et des circuits d’argent public, on ne parle plus d’une maladresse, on parle d’un soupçon de prédation sur les moyens de la République. Un marqueur insistant de l'extrême droite française. En même temps, comment voulez-vous que le président du rassemblement national fasse des leçons de bonne conduite à un de ses membres quand la taulière du parti a été elle-même condamnée en Appel pour détournement de fonds publics? Même si son pourvoi en cassation la transforme par rigueur juridique en une justiciable présumée innocente". S'exclame le Président fédéral de la LDVR.


Le premier réseau national d'associations de défense des droits en France, La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines estime en conséquence qu’il appartient désormais au Parquet national financier de déterminer si les accusations publiquement formulées reposent sur des faits pénalement constitués. José Beaurain tout comme sa patronne, bénéficie, comme toute personne mise en cause, de la présomption d’innocence. 



Constance Bourgeois 
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines 

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