AFFAIRE BARDELLA – MEDIAPART : LA LDVR DÉPOSE PLAINTE CONTRE LE PRÉSIDENT DU RASSEMBLEMENT NATIONAL
AFFAIRE BARDELLA – MEDIAPART : LA LDVR DÉPOSE PLAINTE CONTRE LE PRÉSIDENT DU RASSEMBLEMENT NATIONAL
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Même si Jordan Bardella demeure présumé innocent, a riposte judiciaire de Jordan Bardella contre Mediapart pourrait désormais se retourner contre lui. La Ligue de défense des valeurs républicaines (LDVR), réseau national composé de treize associations de défense des droits, annonce ce jour, le dépôt, ce mercredi 7 octobre 2026, d'une plainte pénale visant personnellement le président du Rassemblement national.
Au cœur du dossier : ses accusations de falsification de documents, ses démarches judiciaires contre plusieurs journalistes et les pressions dénoncées par la rédaction de Mediapart. Pour la LDVR, la liberté de se défendre devant la justice ne saurait devenir un permis de dénoncer sciemment des faits mensongers. L'extrême droite française n'a jamais aimé les juifs, selon le Président fédéral, qui estime que si le parti de l'extrême droite française louche actuellement sur la communauté juive et ses souffrances bien réelles, c'est parce qu'elle pense pouvoir en tirer les fruits électoraux. Un calcul purement malhonnête quand on connaît l'histoire de ce parti maurassien tance la LDVR, selon son ressenti.
La procédure, portée par le président fédéral du réseau associatif, Michael Bastien, vise quatre qualifications pénales : dénonciation calomnieuse (article 226-10 du Code pénal), dénonciation mensongère à l'autorité judiciaire (article 434-26 du Code pénal), entrave concertée à la liberté d'expression par menaces (article 431-1 du Code pénal) et diffamation publique (articles 29 et 32 de la loi du 29 juillet 1881). Bien sûr tous les protagonistes de ce dossier demeurent présumés innocents.
Des révélations embarrassantes, des dénégations catégoriques et une escalade judiciaire
Tout commence le 28 septembre 2026, lorsque les journalistes Alexandre Berteau et Antton Rouget publient dans Mediapart une enquête consacrée à des conversations électroniques attribuées à Jordan Bardella, remontant notamment aux années 2012 à 2014. Les écrits révélés comporteraient plusieurs déclarations antisémites et complotistes, dont des propos sur une prétendue domination du système bancaire par les personnes juives.
Le président du Rassemblement national, présumé innocent conteste catégoriquement être l'auteur des messages et dénonce des « faux grossiers ». Mais au lieu d'en rester à cette contestation publique, Jordan Bardella engage une riposte judiciaire. Le 30 septembre, Europe 1 rapporte le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile pour diffamation publique visant trois professionnels de Mediapart : Carine Fouteau, directrice de la publication, ainsi que les journalistes Alexandre Berteau et Antton Rouget.
Le lendemain, le 1er octobre, Mediapart publie de nouveaux éléments destinés à démontrer l'authenticité des documents contestés. La rédaction détaille notamment ses vérifications, fondées sur des conversations Messenger, des correspondances électroniques, des témoignages et des constatations effectuées par un commissaire de justice. Malgré cette nouvelle publication, Jordan Bardella maintient ses dénégations, évoque des « montages grossiers » et annonce avoir chargé son avocat de déposer une seconde plainte, cette fois pour faux et usage de faux. Évidemment tous les protagonistes demeurent présumés innocents.
C'est précisément cette succession d'événements qui conduit la LDVR à saisir la justice.
Quand celui qui accuse les journalistes doit aussi répondre de ses propres accusations Pour la Ligue de défense des valeurs républicaines, la question ne consiste pas à reprocher à Jordan Bardella de défendre sa réputation. Tout citoyen dispose du droit de contester une publication, de dénoncer une information qu'il estime inexacte et de saisir les juridictions compétentes. Mais ce droit comporte des limites.
Car il existe une différence fondamentale entre soutenir qu'une enquête contient des erreurs et accuser ses auteurs d'avoir fabriqué des documents. Dans le premier cas, il s'agit d'une contestation journalistique. Dans le second, les accusations peuvent viser des agissements pénalement répréhensibles.
La LDVR demande donc au parquet de rechercher si certaines dénonciations portées devant la justice ont été formulées en connaissance de leur éventuelle inexactitude. Le réseau associatif réclame notamment la vérification du contenu de la plainte du 30 septembre ainsi que de l'existence et de la teneur de la seconde procédure pour faux et usage de faux annoncée par Jordan Bardella.
L'organisation souligne que les documents publiés par Mediapart méritent un examen technique indépendant, particulièrement lorsqu'ils font l'objet d'accusations aussi graves que la fabrication de preuves. L'enjeu est désormais considérable : si les pièces sont authentifiées, il restera à déterminer ce que Jordan Bardella savait réellement lorsqu'il a accusé les documents d'être des faux et décidé de saisir la justice.
La publication d'éléments d'authentification ne démontre pas à elle seule qu'il connaissait leur éventuelle véracité. C'est précisément cette question que la LDVR entend faire examiner par les autorités judiciaires. Une pression sur les journalistes qui pose une question démocratique majeure L'autre dimension de cette affaire concerne les conditions dans lesquelles Mediapart a dû défendre son travail d'investigation. Alors que toutes les personnes citées dans ce dossier de meurent présumées innocentes
Le 29 septembre, Marine Le Pen, en présence notamment de Jordan Bardella, déclarait que les journalistes du média devraient enfiler un « costard en kevlar ». Des propos qui ont suscité une vive controverse et conduit Mediapart à dénoncer publiquement des pressions et des menaces contre sa rédaction. La LDVR demande que les circonstances des différentes interventions publiques soient examinées afin de déterminer si certains agissements pourraient relever d'une entrave concertée à la liberté d'expression par menaces.
La participation personnelle de Jordan Bardella à une telle infraction reste toutefois à établir.
Il n'en demeure pas moins qu'une interrogation essentielle se pose : jusqu'où un responsable politique peut-il aller dans sa riposte contre des journalistes dont les révélations menacent directement son image publique ? Car la liberté de la presse ne saurait dépendre du degré de satisfaction d'un parti politique face aux enquêtes qui le concernent. Un journal d'investigation n'a pas vocation à publier uniquement ce qui arrange les personnalités qu'il examine. Et un responsable politique, aussi influent soit-il, ne dispose d'aucun privilège lui permettant d'échapper à l'examen de ses propres accusations.
La procédure annoncée par la Ligue de défense des valeurs républicaines ne se limite pas à dénoncer une séquence de communication politique particulièrement agressive. Elle entend soumettre au ministère public les éléments susceptibles de caractériser quatre infractions distinctes, dont les conditions légales devront être vérifiées. La dénonciation calomnieuse et la dénonciation mensongère à l'autorité judiciaire constituent notamment deux qualifications dont l'examen dépendra du contenu exact des accusations judiciaires et des investigations éventuellement entreprises.
L'entrave concertée suppose, quant à elle, l'existence de menaces, d'une concertation et d'une entrave à la liberté d'expression. Enfin, les accusations publiques de falsification pourraient être examinées au regard du droit de la diffamation, sous réserve des règles particulières de poursuite applicables aux personnes directement visées. La LDVR réclame notamment que les services compétents procèdent aux vérifications documentaires nécessaires, déterminent les informations dont disposait Jordan Bardella à chaque étape et examinent la portée exacte des démarches judiciaires engagées ou annoncées.
L'organisation considère que la responsabilité politique exercée par l'intéressé justifie une exigence particulière de rigueur, sans pour autant modifier les règles de preuve ou la présomption d'innocence dont il bénéficie. Pour la LDVR, les tribunaux ne sont pas des instruments de communication politique. À travers cette plainte, le réseau national entend également poser une question de principe sur les rapports entre pouvoir politique, presse et institution judiciaire.
Il serait particulièrement préoccupant que des accusations de fabrication de preuves puissent être dirigées contre des journalistes sans qu'il soit possible d'en examiner sérieusement la réalité et les motivations. La justice n'a pas vocation à devenir le prolongement d'une stratégie de communication destinée à neutraliser les conséquences médiatiques d'une enquête embarrassante. Elle n'est ni un service de gestion de crise, ni une agence de protection de l'image des responsables politiques.
Le recours aux tribunaux constitue une garantie fondamentale.
Il ne saurait être détourné
On ne saurait réclamer la sévérité de la justice contre des journalistes tout en prétendant échapper soi-même au contrôle de la véracité des accusations qu'on porte contre eux. C'est le principe de responsabilité qui est ici en cause. La Ligue de défense des valeurs républicaines considère qu'aucune position politique, aucune ambition électorale et aucune notoriété publique ne peuvent dispenser un citoyen de répondre d'éventuelles dénonciations sciemment mensongères. Même si Jordan Bardella demeure présumé innocent.
Le dépôt de la plainte du 6 octobre 2026 ne préjuge naturellement ni de l'ouverture d'une enquête ni de la culpabilité de Jordan Bardella. Il appartient au parquet de déterminer les suites judiciaires éventuellement justifiées. Mais pour la LDVR, une chose demeure essentielle : lorsqu'un dirigeant politique entend faire intervenir la justice contre des journalistes, il doit accepter que ses propres déclarations, ses accusations et ses démarches puissent être soumises à cette même exigence de légalité.
Dossier MAHASTI RAZAVI
August Debouzy où Jordan Bardella
même combat
Cette plainte s’inscrit dans une ligne d’action désormais bien identifiée de la Ligue de défense des valeurs républicaines : saisir systématiquement les institutions lorsqu’elle estime que des responsables politiques, des acteurs médiatiques ou des structures influentes ont franchi une limite juridique.
Qu’il s’agisse du dossier Mahasti Razavi–August Debouzy, de ses procédures visant Robert Ménard, ou encore de ses saisines contre CNEWS ayant conduit l’ARCOM à sanctionner la chaîne à hauteur de 25 000 euros puis à la rappeler à ses obligations, la LDVR entend démontrer qu’elle applique la même doctrine à tous : aucun statut, aucune puissance médiatique, aucun réseau d’influence et aucune fonction politique ne placent quiconque au-dessus du contrôle du droit.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines


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