BARDELLA EST MORT SAUF QU'IL NE LE SAIT PAS
BARDELLA EST MORT
SAUF QU'IL NE LE SAIT PAS !
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Et comment que Jordan Bardella demeure présumé innocent. Nous n'allons le nier même s'il voulait faire condamner les journalistes qui ont révélé des messages antisémites provenant selon Mediapart de son compte Facebook. Il pourrait finir par devoir répondre lui-même devant la justice. Pour Jordan Bardella, le piège est redoutable : à force de vouloir détruire la crédibilité de Mediapart, le président du Rassemblement national pourrait avoir engagé la destruction de la sienne.
Jordan Bardella se voyait déjà aux portes de Matignon. Le voilà confronté à une question beaucoup moins prestigieuse : les accusations de falsification qu'il a lancées contre des journalistes étaient-elles fondées ? C'est toute la cruauté de cette affaire. Le 28 septembre 2026, Mediapart publie des conversations attribuées à Jordan Bardella, contenant notamment des propos antisémites et complotistes. Il nie, dénonce des faux et engage une riposte judiciaire.
Mais Mediapart contre-attaque avec de nouveaux éléments d'authentification. Et voilà le problème : si les documents sont authentiques, la défense politique de Bardella pourrait devenir son plus terrible handicap. Car accuser des journalistes d'avoir fabriqué des preuves n'est pas une simple formule de communication. Lorsqu'une telle accusation est portée devant la justice, elle peut elle-même être examinée au regard du droit pénal.
C'est précisément l'objet de la plainte annoncée par le premier réseau national d'associations de défense des droits en France, fort de ses 13 associations fédérées réparties sur l'ensemble du territoire français, La Ligue de défense des valeurs républicaines. Dans son mémoire de 24 pages, la LDVR dénonce une procédure bâillon caractérisée par des dénonciations calomnieuses de la part du Président du parti d'extrême droite.
Bardella accuse
La LDVR l'a piègé !
Pour comprendre le danger politique, nul besoin d'être juriste. Si les documents sont faux, Jordan Bardella pourra chercher à le démontrer. S'ils sont authentiques, il devra expliquer pourquoi il les a publiquement présentés comme des falsifications. Et si la justice devait, en outre, établir qu'il avait sciemment dénoncé des faits mensongers, la question deviendra pénale. Pour l'heure Jordan Bardella demeure présumé innocent.
Mais politiquement, le dilemme est dévastateur. Car un homme qui ambitionne de gouverner la France ne peut durablement construire son autorité sur une parole dont la crédibilité est contestée. On peut survivre politiquement à une polémique. Il est beaucoup plus difficile de survivre à l'effondrement de sa propre crédibilité. Le candidat à Matignon pourrait avoir rendez-vous avec ses contradictions. Pendant des années, Jordan Bardella a incarné l'opération ratée de respectabilisation du Rassemblement national. Le costume était impeccable. La communication soigneusement contrôlée. Les ambitions immenses. Même si sa sincérité est aussi douteuse qu'un sac louis Vuitton fabriqué a Saïgon.
Mais une image politique n'est pas une preuve de probité. La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines l'a parfaitement compris. Sa plainte change toute la donne. Car désormais c'est devant des enquêteurs qu'il faudra dire la vérité. Si les faits dénoncés étaient établis, le candidat qui prétendait représenter l'avenir du pays pourrait se retrouver rattrapé par ses propres écrits et ses propres accusations devant un tribunal correctionnel. Voilà pourquoi cette affaire est potentiellement mortelle pour sa carrière politique.
Jordan Bardella ou l'image de l'extrême droite.
Et dans ce dossier, la présomption d'innocence demeure entière : aucune condamnation, aucun renvoi en correctionnelle et aucune culpabilité ne sauraient être anticipés. Reste cette ironie particulièrement cruelle : celui qui espérait faire de Mediapart le procès d'un journal pourrait avoir offert à ses adversaires le procès politique de sa propre crédibilité. Jordan Bardella est-il déjà politiquement mort ? Il serait prématuré de l'affirmer comme un fait. Mais une chose est certaine : la plainte pénale de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines risque de faire voler en éclat la défense du président du parti de l'extrême droite française.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de défense des valeurs républicaines

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