Christine Kelly visée par une plainte de la LDVR après ses propos sur les migrants

 Christine Kelly visée par une plainte de la LDVR après ses propos sur les migrants

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Après la mise en demeure d’Europe 1 par l’Arcom, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines qui affirme que Madame Kelly demeure présumée innocente, annonce avoir déposé plainte auprès du procureur de la République de Paris contre la présentatrice. L’association demande à la justice d’examiner des propos qu’elle estime susceptibles de relever de la provocation publique à la haine ou à la discrimination.


L’affaire prend une nouvelle dimension. Le 27 octobre 2026, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR), par l’intermédiaire de son président fédéral, a adressé une plainte au procureur de la République de Paris visant Christine Kelly, présentatrice de l’émission Christine Kelly et vous, diffusée sur Europe 1.


Au cœur de cette démarche : une déclaration prononcée le 26 janvier 2026, lors d’une séquence consacrée à une affaire de viol survenue à Nice. « On ne dit pas que tous les migrants sont des violeurs, mais beaucoup le sont, comme les chiffres le révèlent », avait déclaré la présentatrice.


Pour la LDVR, cette formulation dépasse le commentaire d’un fait divers. Elle associe une catégorie entière de personnes à la commission d’une infraction particulièrement grave, tout en invoquant des chiffres pour donner à cette généralisation une apparence de légitimité statistique.


Une mise en demeure de l’Arcom qui donne une nouvelle portée au dossier


Même si Christine Kelly demeure présumée innocente, la plainte intervient après la décision n° 2026-549 du 21 octobre 2026, rendue publique le 26 octobre, par laquelle l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a mis en demeure Europe 1 de respecter ses obligations.


Le régulateur a estimé que les propos litigieux étaient « de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires » envers les migrants en raison de leur origine ou de leur nationalité. Il a également relevé l’absence de réaction ou de modération des autres intervenants présents à l’antenne.


L’argument consistant à préciser que tous les migrants ne seraient pas concernés n’a pas convaincu l’autorité. Selon sa décision, cette réserve ne suffit pas à atténuer la généralisation opérée ni son caractère stigmatisant.


Cette décision ne constitue pas une condamnation pénale de Christine Kelly. Elle établit néanmoins que les propos ont donné lieu à un manquement aux obligations applicables à la station. Un élément déterminant dans le contexte de la plainte désormais adressée au parquet.


La LDVR demande à la justice d’examiner la qualification pénale des propos


Dans sa plainte, l’association vise des faits susceptibles de constituer une provocation publique à la haine ou à la discrimination en raison de l’origine ou de la nationalité, sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.


La démarche de la LDVR consiste à porter ces éléments devant l’autorité judiciaire afin qu’elle apprécie leur qualification pénale et les suites éventuelles à leur donner. Il appartient désormais au parquet d’examiner la plainte et de décider des suites appropriées.


La distinction est essentielle : la mise en demeure prononcée par l’Arcom relève de la régulation audiovisuelle, tandis que la plainte vise à obtenir un examen judiciaire des faits. Les deux procédures ne se confondent pas.


Au-delà du cas individuel, cette affaire pose une question fondamentale : jusqu’où peut-on aller dans la généralisation lorsqu’un débat porte sur l’immigration et la criminalité ?


La liberté d’expression protège le débat public, y compris lorsqu’il est conflictuel. Elle ne dispense toutefois pas les médias de leurs obligations, notamment lorsque des propos diffusés à une large audience sont susceptibles de stigmatiser des personnes en raison de leur origine ou de leur nationalité.


C’est précisément sur ce terrain que l’Arcom est intervenue. En saisissant le procureur, la LDVR demande à présent que la dimension pénale des faits soit également examinée.


La question n’est donc plus seulement celle d’une polémique médiatique : elle est désormais celle des suites que les autorités compétentes entendront donner à des propos ayant déjà fait l’objet d’une mise en demeure du régulateur.


La plainte de la LDVR ne préjuge pas de l’issue de la procédure. Christine Kelly demeure présumée innocente et aucune culpabilité pénale ne peut être affirmée à ce stade.


Les menaces de mort ne confèrent aucun privilège en République française pour la LDVR

Les menaces de mort contre Christine Kelly sont condamnables, mais elles ne lui confèrent aucun privilège ni aucune immunité. Se présenter en victime pour détourner l’attention du fond du dossier relève d’une inversion des responsabilités particulièrement commode. L’Arcom ne lui reproche pas d’être menacée, mais des propos tenus à l’antenne. 


Qu’elle conteste la décision, qu’elle en démontre l’infondé : c’est son droit. Mais qu’elle cesse d’instrumentaliser les menaces dont elle se dit victime pour esquiver la question de sa propre responsabilité. On ne peut pas, à longueur d’antenne, participer à la stigmatisation d’une catégorie de population, puis invoquer sa propre vulnérabilité dès qu’une autorité demande des comptes. Les menaces de mort ne justifient rien, mais elles n’effacent rien non plus regrette Michael Bastien, le Président fédéral du réseau LDVR.


Constance Bourgeois 
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines.

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