AFFAIRE CYRIL HANOUNA : LA LDVR DEMANDE SA SUSPENSION CONSERVATOIRE À JEROME FOUQUERAY ET SAISIT L’ARCOM
AFFAIRE CYRIL HANOUNA : LA LDVR DEMANDE SA SUSPENSION CONSERVATOIRE À JEROME FOUQUERAY ET SAISIT L’ARCOM
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Après avoir engagé une procédure pénale concernant les conditions dans lesquelles le journaliste Maxime Fettweis a été personnellement mis en cause à l'antenne, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines (LDVR) franchit une nouvelle étape. Ses treize associations fédérées sollicitent désormais la suspension provisoire de Cyril Hanouna et demandent à l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) d'examiner les responsabilités éditoriales de la chaîne W9.
Bien que Cyril Hanouna demeure présumé innocent, le 2 novembre 2026, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines, premier réseau national d'associations de défense des droits du pays regroupant treize associations fédérées sur l'ensemble du territoire français, a officiellement adressé à la direction de W9 une demande de suspension conservatoire de l'animateur Cyril Hanouna. Cette correspondance officielle est par ailleurs disponible sur le LinkedIn de la LDVR.
Un courrier de vingt-quatre pages, signée par son président fédéral, Michael Bastien, est notamment destinée à Jérôme Fouqueray, directeur de W9, David Larramendy, président du directoire du groupe M6, et Guillaume Charles, membre du directoire chargé des antennes et des contenus. La demande intervient dans le prolongement de la plainte pénale du 29 octobre 2026, engagée par les treize associations fédérées à la suite de la séquence diffusée le 20 octobre 2026 dans l'émission Tout beau, tout n9uf.
Au cours de cette émission, Cyril Hanouna est revenu sur un article du journaliste Maxime Fettweis, publié dans le quotidien Ouest-France. Selon la LDVR, la manière dont cette publication a été commentée à l'antenne soulève des interrogations sérieuses quant aux limites séparant la critique journalistique légitime de la mise en cause personnelle d'un professionnel de l'information. La rue Rembrandt (siège fédéral de la LDVR) estime notamment que les références au parcours professionnel du journaliste, à son entourage et à sa famille appellent un examen approfondi des conditions dans lesquelles cette séquence a été préparée, présentée et diffusée.
On utilise pas
sa notoriété pour nuire à autrui
La demande adressée à W9 est explicite : la LDVR sollicite la suspension provisoire de Cyril Hanouna de l'antenne, dans l'attente des suites réservées à la plainte pénale et de la position de l'Arcom. La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines demande également à la direction de prendre en considération ces procédures dans la perspective de tout renouvellement de l'engagement contractuel de l'animateur pour la saison 2027-2028.
Pour la Ligue, cette démarche ne constitue ni une sanction pénale ni une déclaration anticipée de culpabilité. Elle relève de la responsabilité propre d'un éditeur audiovisuel, tenu d'apprécier les conséquences institutionnelles, déontologiques et éditoriales susceptibles de résulter des conditions de diffusion de ses programmes. La LDVR rappelle que la présomption d'innocence demeure entière et qu'aucune procédure engagée ne saurait, à elle seule, justifier qu'une personne soit publiquement considérée comme coupable.
Elle souligne néanmoins que le respect de ce principe fondamental ne prive nullement un diffuseur de sa faculté de prendre des mesures provisoires, proportionnées et motivées, lorsqu'il considère que les circonstances l'exigent. Si on n'utilise pas sa notoriété pour nuire à autrui, la question posée à W9 n'est donc pas celle d'une culpabilité que seule l'autorité judiciaire pourrait apprécier, mais celle de la responsabilité qu'une chaîne entend exercer dans la conduite et la maîtrise de son antenne lorsque les valeurs prétendues de la chaîne se retrouve percutées par le.comporrement d'un animateur profondément inquiétant.
L'Arcom officiellement saisie : la responsabilité de l'éditeur au centre de la procédure
Parallèlement, le réseau LDVR a saisi l'Arcom le 2 novembre 2026, au moyen d'un mémoire circonstancié de dix-neuf pages. Cette seconde procédure poursuit un objectif distinct de celui de la plainte pénale. Il ne s'agit pas de demander au régulateur de se prononcer sur la commission éventuelle d'une infraction, mais d'examiner si les conditions de préparation, de présentation et de diffusion de la séquence litigieuse sont compatibles avec les obligations légales et conventionnelles applicables à la société EDI-TV, éditrice du service W9.
Le premier réseau national d'associations de défense des droits en France invoque notamment les dispositions de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, ainsi que les stipulations de la convention conclue entre l'éditeur et l'autorité de régulation. La LDVR attire particulièrement l'attention sur les obligations de respect de la dignité humaine, de l'honneur, de la réputation et des droits des personnes. Le principe est essentiel : un programme de divertissement, même lorsqu'il revendique un ton polémique, ne bénéficie d'aucune exemption générale aux règles encadrant la communication audiovisuelle.
La liberté de critiquer un article de presse est incontestable. Mais elle ne saurait être confondue avec une liberté sans limites d'exposer personnellement son auteur devant une audience nationale. Une question majeure mérite une réponse sans se dissimuler derrière une forme de lâcheté de circonstance : jusqu'où peut aller la mise en cause publique d'un journaliste ? Rappelons que Cyril Hanouna demeure présumé innocent
Ceci étant dit, dans ses deux correspondances, la Ligue distingue avec précision le droit de réponse, la contradiction éditoriale et la critique des médias d'une mise en cause dépassant le seul contenu du travail journalistique. Selon l'organisation, la séquence du 20 octobre doit être appréciée dans son intégralité et non à travers quelques propos isolés. La LDVR estime indispensable d'examiner si la présentation du journaliste à l'antenne, les références à son parcours et les allusions à son entourage pouvaient conduire à une exposition personnelle disproportionnée.
Elle relève également que la direction d'Ouest-France a publiquement dénoncé les conséquences de cette séquence, évoquant notamment une vague de cyberharcèlement visant son journaliste. Pour autant, la Ligue ne prétend pas que l'ensemble des réactions ultérieures serait automatiquement imputable à l'animateur ou à son diffuseur. Elle demande précisément à l'Arcom de déterminer si les modalités de diffusion étaient compatibles avec les exigences de retenue, de dignité et de responsabilité qui s'imposent à un éditeur de télévision. Cette distinction constitue le fondement de sa démarche : les responsabilités ne se présument pas, elles s'examinent.
Les précédents de C8 : un historique funeste qui ne peut être ignoré
La correspondance adressée à la direction de W9 consacre également plusieurs développements aux précédents interventions et sanctions des autorités de régulation concernant C8 et l'émission Touche pas à mon poste. La LDVR rappelle notamment les sanctions financières prononcées à l'encontre de l'ancien diffuseur, dont l'amende de 3,5 millions d'euros infligée en 2023 à la suite de la séquence concernant le député Louis Boyard. Elle évoque également le non-renouvellement de l'autorisation de diffusion de C8 sur la TNT, ainsi que les différentes interventions du régulateur concernant le respect des obligations éditoriales. Pour la rue Rembrandt, ces précédents ne sauraient, juridiquement, établir l'existence d'un manquement nouveau. Ils constituent néanmoins, selon la LDVR, un élément de contexte que la direction de W9 ne peut écarter lorsqu'elle apprécie les risques associés aux conditions d'exploitation de ses programmes.
L'organisation considère qu'une direction audiovisuelle doit tirer les enseignements des décisions précédemment rendues, particulièrement lorsqu'elles concernent des émissions reposant sur des dispositifs éditoriaux comparables. La réitération éventuelle de difficultés déontologiques ne saurait être traitée comme une simple succession d'incidents indépendants lorsqu'elle interroge, plus largement, les mécanismes de contrôle et de prévention de l'éditeur.
La démarche de la LDVR ne se limite pas à la personne de Cyril Hanouna. Elle vise également à rappeler que la responsabilité éditoriale d'un programme ne s'arrête pas à celui qui le présente. La société éditrice dispose de prérogatives de direction, de supervision et de contrôle des contenus diffusés. Ces prérogatives s'accompagnent d'obligations dont elle ne peut se décharger par la seule invocation de la liberté de ton de ses animateurs. Par ailleurs, dans sa correspondance, la Ligue demande ainsi à W9 d'exercer pleinement ses responsabilités, de prendre une décision explicite sur la suspension conservatoire sollicitée et de lui communiquer une réponse circonstanciée.
Elle prévient également qu'elle entend demeurer attentive à tout nouvel épisode susceptible de soulever des difficultés comparables, et se réserve la possibilité de saisir les autorités compétentes si les circonstances le justifient. L'organisation de défense des droits entend ainsi inscrire son intervention dans une démarche de prévention institutionnelle, plutôt que dans une simple dénonciation médiatique. Au-delà du cas particulier de Cyril Hanouna, cette double procédure soulève une question plus générale : celle de la protection des journalistes contre les formes d'intimidation et de pression susceptibles de compromettre l'exercice de leur mission d'information.
La liberté de la presse ne constitue pas une faveur accordée aux journalistes. Elle représente l'une des garanties essentielles du fonctionnement démocratique. Elle comprend le droit de publier, d'enquêter, de critiquer et d'informer, sans que l'exercice de ces prérogatives puisse justifier une exposition personnelle disproportionnée. La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines entend défendre simultanément la liberté d'expression des animateurs, l'indépendance éditoriale des diffuseurs et les droits fondamentaux des personnes mises en cause.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines



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