Cyril Hanouna : une lâcheté totalement décomplexée !
Cyril Hanouna : une lâcheté totalement décomplexée
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Il est des comportements que l'on ne devrait même pas avoir à expliquer. Ne pas humilier publiquement un homme parce qu'il a exercé son métier. Ne pas transformer une critique journalistique en mise en cause personnelle. Ne pas convoquer le parcours professionnel d'un journaliste pour jeter le soupçon sur ses motivations. Et, surtout, ne pas introduire sa famille dans une séquence télévisée qui ne la concerne en rien la famille de la personne visée.
Oui, oui et oui Cyril Hanouna demeure présumé innocent. Comme Mahasti Razavi, la patronne multimillionnaire du très puissant cabinet d'avocats August Debouzy, qui a mis en location pendant 8 ans un logement insalubre de 7 mètres carrés à une personne handicapée, mais que la LDVR poursuit, comme Jordan Bardella, comme Robert Ménard, comme Pierre Jean-Chalençon devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris
Présumé innocent comme le Préfet de Vendée et le Maire de l'île d'Yeu, comme Bruno Retailleau et Christine Kelly et Christine Herzog ou même José Beaurain. Toutes ses grosses têtes (comme dirait mon cousin Édouard) sont poursuivis par le premier réseau national d'associations de défense des droits en France, La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines et tous demeurent présumés innocents. Meme le youtubeur Le braque poursuivi pour cyber harcèlement.
Mais ces principes ne relèvent ni d'une doctrine sophistiquée ni d'une sensibilité particulière. Ils appartiennent à ce que l'on appelait autrefois les convenances élémentaires. Ils relèvent, plus simplement, de la dignité humaine.
Une question de salubrité d'ambiance
C'est précisément ce que le premier réseau national d'associations de défense des droits, la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines a entendu rappeler en saisissant le parquet de Paris, le 29 octobre dernier, au terme d'un mémoire de 38 pages consacré aux faits survenus dans l'émission Tout beau, tout n9uf, présentée par Cyril Hanouna sur W9. Pour la LDVR c'est une question de salubrité d'ambiance !
Il faut ici remettre les choses à leur juste place. Un journaliste publie un article sur une émission. Le présentateur est libre de le contester, de le réfuter, de démontrer ce qu'il estime inexact. Personne ne lui demande de se taire. Personne ne prétend qu'une personnalité audiovisuelle devrait accepter sans répondre les critiques dont elle fait l'objet.
Mais répondre à un article et prendre son auteur pour cible sont deux exercices sensiblement différents. La distinction n'a rien de subtil. Elle devrait être à la portée de n'importe quelle rédaction, de n'importe quel plateau et, à plus forte raison, de toute personne qui dispose d'une audience considérable.
Des procédés parfaitement humiliants
Or, dans la séquence du 20 octobre 2026, ce n'est plus seulement le contenu de l'article de Maxime Fettweis, journaliste à Ouest-France, qui est discuté. Son parcours professionnel est évoqué. Ses anciennes collaborations sont ressorties. Son curriculum vitae est commenté. Les équipes de l'animateur auraient effectué des recherches à son sujet. Une remarque vient suggérer que son parcours serait « bizarre ». Puis la famille du journaliste est elle-même introduite dans l'échange, avec cette formule : « il n'y a jamais de hasard ».
À quel moment une contradiction éditoriale nécessite-t-elle de s'intéresser à la famille de celui qui a écrit l'article ? À quel moment la réponse à une critique professionnelle exige-t-elle de commenter le curriculum vitae de son auteur devant les téléspectateurs ? La question mérite d'être posée. Elle mérite surtout autre chose qu'un haussement d'épaules.
Car la télévision n'est pas un espace sans conséquence. Lorsqu'une personnalité disposant d'une forte exposition médiatique désigne nommément un journaliste, revient sur son parcours, met en doute ses motivations et évoque son entourage, elle ne s'exprime pas dans les mêmes conditions qu'un particulier au cours d'une conversation privée. Elle mobilise une audience, une mise en scène et une capacité de diffusion qui donnent à ses paroles une portée particulière.
La direction de Ouest-France a d'ailleurs publiquement fait état, après cette séquence, de messages malveillants et insultants ainsi que d'une vague de cyberharcèlement visant son journaliste. Il appartient à l'enquête d'en établir précisément la nature, la chronologie et les éventuels liens avec la diffusion. Mais il serait singulièrement commode de faire comme si cette suite d'événements ne méritait aucune attention.
On expose pas son prochain à la foule écervelée et galvanisée par la détresse et les larmes
La liberté de répondre n'est pas un permis d'humilier. La liberté de plaisanter ne dispense pas de mesurer les conséquences de ses propos. Et la notoriété ne confère aucun droit particulier à exposer autrui à la vindicte d'un public. La LDVR ne confond pas la gravité des faits qu'elle dénonce avec une culpabilité judiciairement établie. Cyril Hanouna bénéficie de la présomption d'innocence. Ce principe est intangible, et il le restera quelles que soient les appréciations portées sur la séquence.
Mais il faudrait se garder d'une confusion inverse : rappeler la présomption d'innocence ne saurait interdire de questionner des comportements, de les décrire, de les documenter et de demander à la justice de les examiner. Mais dans son communiqué de presse officiel diffusé sur le LinkedIn de l'organisation nationale, on n'expose pas son prochain à la foule écervelée, galvanisée par la détresse et les larmes de la famille d'autrui.
C'est précisément le rôle d'une organisation de défense des droits que de ne pas détourner les yeux lorsque des pratiques lui paraissent porter atteinte à la dignité d'une personne ou à la liberté d'exercer le métier de journaliste. Dans son mémoire, la LDVR ne s'est pas contentée d'une indignation de circonstance. Elle a repris la chronologie de la séquence, distingué les propos, examiné leur contexte, relevé les références personnelles et familiales, puis exposé les qualifications pénales susceptibles, selon elle, d'être examinées. Elle a également pris soin de distinguer ce qui est établi, ce qui est rapporté et ce qui doit encore être vérifié.
Cette démarche n'a rien d'un procès médiatique. Elle consiste précisément à demander que les faits soient examinés par l'autorité compétente, plutôt que de laisser le débat se perdre dans les commentaires de plateau. La LDVR ne demande pas que l'on condamne avant d'avoir instruit. Elle demande que l'on instruise au lieu de banaliser.
Sur W9
les insultes
Les humiliations
les propos trash n'ont plus rien de bon enfant
Il y a également une question qui concerne directement W9 et, au-delà, la direction du groupe M6. W9 a longtemps bénéficié d'une image de chaîne de divertissement populaire, accessible, parfois irrévérencieuse, mais associée à une certaine légèreté. On pouvait y chercher du divertissement sans nécessairement avoir le sentiment d'assister à la désignation publique d'un individu comme objet de dérision. Pour le réseau LDVR, cette frontière mérite d'être préservée.
Les insultes, les humiliations, les insinuations personnelles et les références à l'entourage familial n'ont rien d'une audace éditoriale. Elles ne constituent pas davantage une preuve de liberté de ton. Elles peuvent, au contraire, traduire une conception singulièrement pauvre de ce que doit être le divertissement lorsqu'il s'exerce devant un large public. La question posée dans le communiqué officiel de la LDVR devient particulièrement pertinente : à W9 la direction a t-elle changé de direction ?
La disparition de C8 de la télévision numérique terrestre aurait dû suffire à rappeler que les chaînes de télévision ne sont pas dispensées de leurs responsabilités au motif qu'elles revendiquent le divertissement, l'impertinence ou la liberté de ton. W9 est libre de choisir son identité éditoriale. Mais cette liberté ne la place pas au-dessus des exigences de dignité et de responsabilité qui s'imposent à tous les acteurs de l'espace audiovisuel. Même Cyril Hanouna ne peut pas passer à côté de cette réalité !
Il n'appartient pas à la LDVR de choisir les programmes de la chaîne, ni de dicter à ses dirigeants leur stratégie. Il lui appartient en revanche de signaler les pratiques qu'elle estime contraires aux valeurs qu'elle défend. C'est une différence que l'on devrait comprendre sans difficulté. Évidemment tous les protagonistes du dossier demeurent présumés innocents.
Cyril Hanouna
en tant que tel
n'est pas signifiant
Cyril Hanouna en tant que tel n'est pas signifiant, car dans cette affaire, c'est une question de dignité humaine, de respect des valeurs fondamentales. On ne s'en prend pas à autrui et on ne s'en prend pas à la famille de ses contemporains. On peut défendre son travail avec vigueur et répondre à ses détracteurs avec toute la fermeté nécessaire. Mais on ne devrait jamais considérer qu'une personne qui critique un programme devient, de ce seul fait, un individu que l'on peut exposer, examiner, tourner en dérision et associer à des insinuations personnelles devant des millions de téléspectateurs.
La notoriété n'est pas une autorité morale. L'audience n'est pas un titre de propriété sur la réputation d'autrui. Et la popularité ne transforme pas les procédés humiliants en divertissement respectable. Pour la Ligue de Défense des Valeurs Républicaines, les faits dénoncés ne sauraient être ramenés à une querelle entre un animateur et un journaliste. Ils interrogent les limites de l'exposition publique, la responsabilité de ceux qui disposent d'une audience importante et la place que notre société entend réserver à la dignité humaine.
Constance Bourgeois
Rédactrice en chef de La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines




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